Crédit photo: Philippe Nissaire

Madrid, XVIIème siècle. Le roman gothique de Matthew Grégory Lewis (1796) a inspiré Louis-Philippe Labrèche dans la mise en scène d’une pièce tragique intitulée « Le Moine », actuellement sur les planches – ou plutôt dans la piscine – du Bain Saint Michel.

Ambrosio est un homme d’Église dont les vertus sont bien connues des Madrilènes, et en particulier de sa communauté religieuse. Malgré les apparences, le moine n’est pourtant plus à même de se délivrer de ses désirs charnels. Il se laisse tenter par une femme très émancipée, affublée d’un habit de religieux, qui avait jusqu’à lors dissimulé sa véritable identité sexuelle. Le couvent de Madrid est hanté de personnages plus ou moins réels, et de fantasmes plus ou moins assouvis. Un parallèle peut être réalisé avec notre société contemporaine : celui du déchirement de l’homme entre ses envies et ses convictions. Celui de la tentation de céder à l’achat du dernier produit Apple, ou de la volonté de ne pas entrer en servitude d’un consumérisme à tout-va.

Mieux vaut comprendre ce message si l’on veut bien cerner les ambitions de cette adaptation. Beaucoup de personnages s’entrelacent, au sens propre et au sens figuré : des nonnes et des fantômes, des amours impossibles, une âme pure… On est en plein dans une fable, et cela aussi, il faut bien l’avoir en tête pour ne pas tomber dans la confusion. Quelques maladresses de changements de décors et de costumes, de voix mal placées… Encore faut-il bien vouloir leur pardonner : Le Moine en était à sa première représentation au Bain Saint-Michel (dans le quartier du Mile-End). Ce Bain Saint-Michel, parlons-en d’ailleurs, un endroit mystique et magique qui se prêtait très bien à cette production.

Bas les masques dans une société où tout le monde cherche à sauver les apparences ! Une réalité universelle, donc, que propose le Théâtre de l’Entonnoir avec Le Moine.

– Camille Dufetel

Avec Jérémie Earp-Lavergne, Chantal Simard, Gabriel Coutu, Simon Fleury, Liliane Fallon, Isabelle Montpetit et Hellen Larouche

Au Bain Saint-Michel, du 9 au 25 mai 2013

Représentations du jeudi au samedi à 20h, et le mercredi 22 mai à 20h