Fille qui saute (présentation suggérée) Crédit photo : Anthony Ginsbrook

On le sait, on nous le répète à toutes les sauces : le milieu culturel est précaire, si ce n’est même cruel par son instabilité. Quitter un poste, partir sans plan précis, est-ce que c’est juste possible pour, par exemple, les adjoints administratifs ou les hygiénistes dentaires qui peuvent espérer trouver un emploi en claquant des doigts (ou en envoyant un petit curriculum vitae à droite et à gauche)? Audrée Loiselle, férue attachée de presse, a déjoué les attentes en allant dans une autre direction. Sans filet de sûreté. Dans la chronique « L’après », on suivra son cheminement – qu’on devine déjà passionnant et un brin rocambolesque. Place à l’après.

Hier, je n’avais pas tant l’envie de parler de mon parcours. J’étais tentée de discuter de quelqu’un.e d’autre. Des chats, ils sont doux et ils font du bien à l’âme. Le désir de mettre la lumière sur autrui plutôt que de parler d’un parcours fragmenté. Le mien. C’est pourquoi je t’ai laissé inventer ce qui te plaisait, dans « L’après » : sans les mots (et les images).

Voilà qu’à présent, il y a de petits avancements et je me suis souvenue du pourquoi je voulais te partager ce parcours d’insouciance ; je me disais que tu aurais peut-être envie toi aussi de te garocher dans un vide pas nécessairement invitant. Qu’on se lance tous en même temps, sauf qu’au bout de ça personne ne se fait droguer pour mourir dans un état d’esprit discutable (Est-ce trop niche cette blague là? Je parle des Rajneeshees ou toutes autres sectes à tangente funèbre. Concentre-toi s’il te plaît, j’aimerais bien ne pas avoir à t’expliquer mon sens de l’humour à chaque seconde. Merci.). Sauter et se tenir tous un peu par la peau de la paume. Et si tu n’as envie que de sauter du haut d’un mini escabeau, pour t’installer dans un coin paisible en toute sécurité, fais ça. Tellement. Catapulte de coton et doigt d’honneur.

J’en ai parlé pas mal autour de moi. Évidemment tout le monde possédait une opinion, des idées, voulait y apposer sa nuance. Ce qui est tout à fait génial, mais il fallait faire le tri, il fallait décider de ne retenir que certaines bribes. J’allais partir mon propre organisme, ma propre entreprise. Un matin tardif, j’ai ouvert les yeux et j’ai su. On aurait dit un caléidoscope sur mon mur ou en dessous de ma paupière. Et puis, un ami m’a tendrement dit « Audrée, oui faut que tu le fasses. Tu es jeune. Fonce la tête première et plante-toi. Plante-toi solide. Tu as le temps de te relever, mais de grâce saisi cette chance de faire des erreurs, de douter, de recommencer, de réussir, de changer d’idée. De toute façon, je ne suis pas inquiet », merci Sylvain. Soit.

Dans un premier temps, j’ai dessiné des heures durant. Fallait que je me fasse ma propre thérapie par l’art. Je ne voulais que ça. Je ne pouvais que ça. Puis, j’ai brassé ma pensée longuement en croûte de schéma. J’avais une coquille d’imagination, une juxtaposition de visions, j’avais des noms et des gens en tête, une ébauche de plan, de l’énergie en hibernation, du charisme et un veston. Je ne possédais pas l’expertise, la formation spécifique, l’argent, les contacts inhérents au domaine, des points de repère congrus.

J’avais deux pistes.

 

1. SAJE – Textuellement sur leur site internet – L’École des entrepreneurs du Québec a pour mission de développer les compétences des entrepreneurs de tous les horizons en offrant un milieu d’apprentissage accessible, innovant et collaboratif. Avec leur programme de financement STA Du soutien financier et de l’accompagnement pour vous aider à vous lancer à votre compte.

Pour plus d’informations et pour valider ton admissibilité, c’est ici.

2. JEUNES VOLONTAIRES (programme d’emploi Québec) – Textuellement sur leur site internet – Que vous vouliez créer votre entreprise ou devenir travailleuse ou travailleur autonome, ce programme vous permet d’explorer un projet d’affaires et de valider vos compétences entrepreneuriales, votre motivation et votre détermination par l’entremise d’activités de type démarrage d’entreprise.

Pour plus d’informations et pour valider ton admissibilité, c’est ici.

Les deux programmes semblaient prometteurs et offraient tous deux une aide financière, en plus d’une aide d’accompagnement de type mentorat. Dans les deux cas il y avait un bémol. D’une part la mesure STA demandait des prévisions (de profits), chose que d’emblée je n’étais pas capable de fournir. J’ai eu beau tourner et virer, je ne voyais pas. Qu’à ne cela tienne, ils accordent la formation en démarrage d’entreprise gratuitement (je répète GRATUITEMENT). Stimulant, n’est-ce pas? Je le pense également. Je débute donc cette formation à la fin mai, qui s’échelonnera sur quatorze semaines. Quant à jeunes volontaires, je suis trop vieille. Trop. Vieille. Je ne refuse pas d’avancer en âge, mais je n’ai pas envie d’affronter le triste fait que maintenant je suis trop vieille pour certains trucs (Tu peux comprendre, oui?). Maintenant je ne veux plus en parler, merci.

En discutant avec une fort sympathique représentante de l’école des entrepreneurs, elle m’a fourni d’autres pistes pour me frayer un chemin dans ce vaste océan de demandes de financement. Je n’ai pas terminé mon exploration encore, mais je te fournis les liens tout de même. Ils te seront peut-être utiles.

Dans un autre ordre d’idées, faire du bénévolat s’avère souvent une amorce prometteuse, puisqu’en plus de te former par immersion, tu te rends utile, tu apprends sur toi-même (toujours et encore cette quête infinie du moi), tu développes ta compréhension du milieu dans lequel tu t’insères et tu accrois ton autonomie, tout en te responsabilisant par la bande. Tu peux également parler de ton rêve entrepreneurial autour de toi, tâter le terrain (il y a toujours quelqu’un.e qui connaît quelqu’un.e). Te renseigner sur ce qui se fait ici ou ailleurs. Ainsi, selon ton type de projet, il t’est possible de consulter les différentes tables de concertation, pour voir quelle est la mission des organismes de ton arrondissement, par exemple. Prends ton bord et commence par là.

Sur ce, le velcros de mes souliers est fixé. Je trottine depuis un instant. À un moment donné, je vais commencer mon jogging. La ligne de départ ou la ligne d’arrivée, c’est confondant. Probablement les deux à la fois. Mais elle s’en vient.​.​. Pis t’es arrivée en même temps que le printemps (comme la chanson, mais en moins cafardeux)

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« Oui, mais c’est quoi ton projet au juste ? Est-ce que j’ai manqué des lignes explicatives ? » Bien vu mon malin ! Faudra donc prendre ton pouls pour cette semaine et revenir pour la prochaine chronique.

Audrée Loiselle

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