Du 2 au 9 août, le festival Présence autochtone célèbre pour sa 27e édition la richesse des Premières Nations et leur histoire millénaire. À la soirée d’ouverture mercredi, en guise de mise en bouche, neuf courts métrages se sont succédé sur grand écran à la suite des traditionnels discours du président et des partenaires de ce festival pas tout à fait comme les autres.

C’est dans l’auditorium de la Grande bibliothèque que des dizaines de spectateurs se sont massés. Dans la tradition autochtone, les grands rassemblements réanimaient les esprits, ceux du sol, de la terre. Le festival Présence autochtone était donc lancé!

Cette 27e édition est marquée par la jeunesse. Tous les courts métrages ont été réalisé par de jeunes réalisateurs autochtones prometteurs. « Les acteurs sont eux aussi de « vrais » autochtones » a précisé en riant le président du festival André Dudemaine. Une réalité impensable il y a quelques années!

Phare sur le court!

El Camino es Largo (La route est longue) met la barre haute avec un scénario poignant teinté d’humour et une réalisation léchée. Même sentiment pour Kéwku, où le cinéaste Sean Stiller fait le bilan de vie d’un aîné Shuswap – le dialogue a ici le même pouvoir guérisseur que les graines de sauge. Également sur le podium, Gods Acre s’attache aux problématiques de territoire et à l’héritage transmis par la famille. Plutôt mourir que de quitter la terre de ses ancêtres?

La durée des films varie entre 1 et 15 minutes et leurs qualités sont inégales. Il y a Down The Rabbit Hole, vidéo expérimentale hypnotique où l’acteur principal se trouve être… du gros sel ; Hands to the sky, animation vibrante remplie de symbolique pour les peuples autochtones ou encore le poème chanté et agrémenté d’images Ma connexion, qui fait appel à la sensibilité du spectateur. Ces trois propositions sont des idées brutes produites avec de petits moyens.

Dans une veine très artistique, le film d’animation See This Spirit Bike évoque la difficulté d’épanouissement d’une femme autochtone en ville. Même rapport féministe pour Caroline Monnet, cinéaste émergente d’origine algonquine, qui a présenté Creatura Dada, une réalisation expérimentale centrée sur un groupe de femmes en pleine célébration. C’est plutôt son premier long métrage, Bootlegger, qu’on attend de découvrir avec impatience. Il racontera d’ailleurs une histoire de femmes qui trafiquent de l’alcool dans une réserve – un sujet sensible et polémique.

Présence autochtone a une résonance encore plus profonde cette année alors que Montréal – territoire Mohawk non cédé – fête son 375e anniversaire. Lieu de rencontre et de paix historique, la ville existe depuis près de quatre millénaires grâce aux Premières Nations. Présence autochtone permet ainsi de revisiter l’histoire commune et entreprend ce travail fastidieux de réhabilitation des mémoires, par la culture et l’éducation. Un incontournable de la saison estivale!

– Marina Seuve

Le festival Présence autochtone se déroule du 2 au 9 août au Quartier des spectacles. Pour plus d’informations, c’est ici.

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