Crédit photos : Pascale Gauthier

« La LNI s’attaque aux classiques », tous genres confondus, de Molière à Michel Tremblay, en passant par Sarah Kane. Le concept imaginé par François-Étienne Paré et Étienne St-Laurent consiste à plonger le public dans l’œuvre d’un artiste majeur de la dramaturgie. Ainsi, du 28 novembre au 9 décembre à l’Espace libre, dix textes d’auteurs différents seront mis en scène et joués par trois acteurs différents par soir. Sous le thème de Shakespeare, ce sont les acteurs Sophie Caron, Florence Longpré et Pierre-Luc Funk qui ont brisé la glace mardi dernier.

Durant 60 minutes, ils ont livré diverses improvisations inspirées des thèmes chers à Shakespeare : la jalousie, l’amour, le pouvoir et l’ambition. Alexandre Cadieux donnait le ton aux improvisations en nous donnant un «cours 101» fort intéressant et pertinent pour contextualiser l’œuvre de Shakespeare. Quant à François-Étienne Paré, il se permettait quelques indications de jeu aux acteurs pour les défier. Après l’entracte, les acteurs devaient broder une histoire pendant 30 minutes, genre de pièce inédite de Shakeaspeare.

Parmi les bons coups, notons la réplique de Sophie Caron lors de l’improvisation composée d’un messager (Funk) et d’une reine. Après une annonce formulée par Pierre-Luc Funk, Sophie Caron s’est avancée avec une démarche lente et noble telle sa Majestée la Reine. Elle a traversé l’espace, a bondit soudainement en se retournant vers ses complices, s’est accroupie en posant un genou au sol en s’écriant « La dame! », renvoyant la balle entre les mains de Florence Longpré. Excellente réplique! Le public, et même les acteurs, ont éclaté de rire.

Le concept de propositions diverses autour d’un même thème a également suscité plusieurs rires. Les comédiens devaient raconter la même histoire, c’est-à-dire la légende d’un roi aux prises avec une flèche en plein cœur pendant deux ans. Quatre thèmes se sont succédés rapidement : l’histoire a été racontée par deux ivrognes dans une taverne, déclamée sous forme de proclamation royale, jouée par une troupe de théâtre itinérante, et attention, présentée à la manière d’un conte érotique!

Il importe de dire que le jeu se veut une description de l’environnement. Comme le dit François-Étienne Paré : « Les mots peignent le décor ». Dans un discours alarmant, Pierre-Luc Funk décrit un carnage et le sang qui coule sur le château alors que dans une toute autre improvisation, chaque acteur parle des éléments naturels qui se déchaînent, exprimant une corrélation entre la nature bouleversée et la fatalité des hommes. La langue est mise de l’avant, et le jeu se veut autant tragique que drôle, sans nécessairement basculer dans la bouffonnerie à tous les coups. La dernière improvisation de trente minutes nous plonge dans un décor, qui sans exister, évoque un château abritant des secrets et des trahisons. Deux sœurs se disputent le trône à la suite de la mort de leur père. L’arrivée d’un prince devant épouser la reine alors qu’il est épris de l’autre sœur mène à l’élaboration d’un complot de meurtre. Bref, du grand Shakespeare.

Un concept vraiment intéressant, car on dissèque l’œuvre d’un dramaturge en se divertissant à la fois. Souhaitons une autre édition de ce concept original!

Edith Malo

La LNI s’attaque aux classiques, du 28 novembre au 9 décembre 2017 à l’Espace libre. Pour plus de détails, c’est ici.

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