Bev Koski, Toronto #2, 2013

La 3e édition de la Biennale de l’art contemporain autochtone bat son plein à Montréal. Initiée par les galeristes Rhéal Olivier Lanthier et François St-Jacques (Galerie Art Mûr), la BACA se déploie dans plusieurs espaces de diffusion cette année, et ce, jusqu’au 18 juin.

Pavillon Central de la Biennale à la Galerie Art Mûr

Plus de 25 artistes d’origine autochtone exposent au Pavillon Central de la Biennale, à la galerie Art Mûr. Il s’agit là d’une trop rare occasion d’avoir un portrait des pratiques actuelles d’artistes autochtones. La révolution culturelle qu’accomplissent ces artistes est une révolution toute naturelle. Leurs œuvres prouvent que la vie actuelle, la modernité, n’est en rien incompatible des traditions. Le langage plastique, l’imagerie, les techniques artisanales et les codes de la culture autochtone constituent une palette infinie pour les artistes et apportent un éclairage unique sur les enjeux actuels du monde.

L’exposition à Art Mûr vaut le détour: l’abondance d’œuvres rend bien la pluralité des pratiques artistiques autochtones. Depuis de nombreuses années, Art Mûr fait office de pionnier dans la représentation des artistes contemporains amérindiens. Une raison de plus de suivre leur programmation toujours originale et pertinente, toute l’année.

Sarah Sense, Her Story, Our Legacy, 2015 (1)

Sarah Sense, Her Story, Our Legacy, 2015

Pavillon Éducatif de la Biennale au Musée McCord

Dans le cadre de son programme d’artistes en résidence, le Musée McCord présente Decolonial Gestures or Doing It Wrong? Refaire le chemin. Connue pour ses travaux de perlage et ses photographies, l’artiste algonquine Nadia Myre s’est inspirée de magazines féminins de l’époque victorienne pour la réalisation d’œuvres vidéo et d’objets. Nadia Myre est une artiste canadienne importante, elle a été nommée lauréate du prestigieux Prix Sobey en 2014 et ses œuvres font partie de nombreuses collections muséales et privées.

L’exposition permanente Porter son identité vaut également une visite et accompagne bien la Biennale en invitant le public à comprendre l’importance du vêtement dans le développement, la préservation et la communication des identités sociale, culturelle, politique et spirituelle des Premières Nations, des Inuit et des Métis.

Le Musée McCord présente aussi l’oeuvre magnifique Her Story, Our Legacy de l’artiste Sarah Sense (Chitimacha, Choctaw), mêlant tissage et impression numérique, abstraction et paysage.

Ningeosiaq Ashooona, Computer Desk, 2016

Ningeosiaq Ashooona, Computer Desk, 2016

Deux autres lieux d’exposition présentent la Biennale : le Pavillon du Nord est situé à la Guilde canadienne des métiers d’art et le Pavillon Côte Ouest à la Galerie Stewart Hall (Pointe-Claire).

En visitant la Biennale de l’art autochtone, on se pose mille et une questions, dont la plus mystérieuse d’entre toutes : où sont les artistes contemporains autochtones dans le paysage des galeries et des musées québécois? Rassurez-vous, ils sont bien présents et forts. Leurs œuvres émergent doucement de la primauté de l’artiste blanc et, plus tôt que tard, leur talent rayonnera et recevra enfin la reconnaissance qu’il mérite. C’est pourquoi elle est si importante cette BACA.

– Marie Samuel Levasseur

La Biennale de l’art autochtone (BACA) est présentée jusqu’au 18 juin 2016 à la galerie Art Mûr, au Musée McCord, à la galerie Stewart Hall, ainsi qu’à la Guilde canadienne des métiers d’art.
Pour plus de détails, c’est ici.