Photo : John Londono / Consulat

Depuis la sortie de son premier album Scavenger l’automne dernier, le projet KROY de Camille Poliquin ne cesse de prendre de l’ampleur. La jeune auteure-compositrice-interprète fait le tour de la province depuis cinq mois et a attendu à Montréal en lumière pour faire sa très attendue rentrée montréalaise, et pas n’importe où : c’est au Théâtre Fairmount que cela se passait, le 2 mars… et à guichets fermés!

Les impatients (j’en suis) ont pu entendre KROY dans des plus petites salles au fil de l’automne, en formule plus intime. On y avait vu une Camille Poliquin en pleine forme et très bien entourée, à la fois par d’excellents musiciens qui l’aidaient à recréer ses compositions, mais aussi par un système d’éclairage impressionnant qui ajoutait énormément à l’ambiance. Si à l’automne il y avait encore quelques problèmes de son, on espérait que le tout soit parfaitement rodé pour le spectacle à Montréal en lumière.

… Pas exactement, comme les musiciens ont semblé passer la moitié de la soirée de jeudi à faire des signes au soundman pour ajuster les volumes. Pourtant, le public ne semble y avoir vu que du feu, lui qui jubilait à chaque début de chanson, les connaissant presque par cœur. Il faut dire que c’est Scavenger dans sa totalité qui a été joué au fil de la soirée, avec en prime quelques reprises chéries par Camille Poliquin, donc essentiellement du matériel connu et archiconnu. Les quatre premières chansons de son set étaient d’ailleurs les quatre premières de l’opus : on a presque eu l’impression d’écouter l’album pendant une quinzaine de minutes, tellement tout s’enchaînait bien. Évidemment, les versions ont évolué, et ceux qui s’attendaient à une portion intense dans « Learn » ont plutôt eu droit à une version très planante au milieu. En fait, le mix général était assez différent de ce à quoi on pouvait s’attendre. Au moins, l’ambiance, elle, était intacte et Camille Poliquin était visiblement ravie comme jamais de sa présence devant une salle comble au Fairmount. Là-dessus, il n’y a décidément rien à redire!

KROY au FEQ / Photo : Sébastien Dion

Il reste tout de même plusieurs bémols à cette soirée autrement magique pour tous les amateurs d’électro-pop. Premièrement, la longueur : une heure, ce n’était pas assez pour un spectacle de cette envergure! Évidemment, on se doutait que KROY n’aurait pas été en mesure de tenir pendant 90 minutes et plus, alors on se contentera d’espérer bientôt du nouveau matériel. Deuxièmement, les nombreux pépins techniques : les ennuis de mixage, les samples qui ne suivent pas tout le temps, une lumière qui est tombée non pas une, mais deux fois avant la performance (heureusement, rien ne semble avoir été brisé), etc. Cela n’enlève rien à cette soirée fort réussie avec une artiste toujours très humaine qui a répondu aux attentes de beaucoup d’oreilles conquises d’avance. Ça donne quand même déjà hâte à Osheaga, où elle est déjà annoncée. On n’a pas fini de parler d’elle, aucun doute là.

Coups de gueule

Ajoutons aux défauts de la soirée la terrible première partie : Forrest meets Douglas Miles, un duo chanteur/batteur qui se fiait presque exclusivement sur des playbacks. Après quelques minutes, le batteur a semblé gagner en assurance, mais le chanteur n’a pas cessé de crier tout au long de 27 trop longues minutes. Le duo a quand même eu droit à des applaudissements polis, mais personne n’a semblé vraiment triste lorsqu’on nous a annoncé que c’était la dernière chanson… La vraie question est la suivante : qui a pensé que ce serait une bonne idée d’inviter Forrest meets Douglas Miles? Les gens de la programmation ont-ils seulement écouté ce que le duo avait à proposer avant de l’ajouter à la programmation? Dernier coup de gueule : qui va payer 25 $ pour assister à un spectacle si c’est pour passer littéralement 100 % de la soirée le nez dans son téléphone intelligent? Plus d’une personne a été coupable de cette aberration.

– Olivier Dénommée

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