Après sa naissance à Québec l’an dernier, l’Humanorium revient cette année, mais cette fois-ci à Montréal, dans le cadre du festival d’art public KM3. Du 5 au 15 octobre, il sera possible de déambuler entre un carrousel de chariots, un kiosque de tir d’autodérision, des tentes et des roulottes remplies de curiosités et de bizarreries en tout genre, gracieuseté EXMURO arts publics.

Transformer les Jardins Gamelins le temps d’un instant

Pour 10 jours, ce sont de tout nouveaux Jardins Gamelins où nous allons pouvoir nous promener. Pour l’occasion, le casse-croûte de celui-ci offrira des friandises classiques des fêtes foraines. Aussi, un octuor instrumental animera les Jardins en semaine de 17h à 19h et les fins de semaines de 14h à 16h. La musique d’Europe de l’Est sera mise à l’honneur avec Oktopus, mais aussi durant toute l’exposition où une ambiance sonore inspirée des Balkans composée par DJ Touski transportera le visiteur au cœur de cette fête foraine étrange.

Remplie de fanions et d’ampoules lumineuses, la place est alors transformée. Au milieu, on peut y voir un carrousel fait de paniers d’épicerie et de barrières. Tout autour, ce sont une dizaine d’installations qui s’offrent au public passant. Des roulottes, des tentes, des curiosités à l’air libre… Il y en a pour tous les goûts. Chaque œuvre a son affiche (très réussie d’ailleurs) et son identité propre, son empreinte artistique qui arbore fièrement le thème général.

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L’art contemporain dans la rue

Inspirés par le thème de la maison hantée, les deux commissaires Ève Cadieux et Vincent Roy ont voulu s’entourer d’artistes de divers domaines pour agrémenter leur Humanorium à l’atmosphère rappelant les rassemblements forains des 19e et 20e siècles.

Ce sont donc une dizaine d’artistes en art actuel qui se sont approprié le thème et ont livré leurs inspirations et leurs projets. Il est alors possible de plonger dans différents cabinets de curiosités par exemple, où l’envie plastique d’un artiste d’assembler des choses pour former des créatures imaginaires, des siamois de toute sorte montre sa patte artistique. Dans un autre cabinet, on peut voir 43 fois le même visage (celui de l’artiste), alors déformé et détourné de toutes les façons, faisant face au visiteur qui cherche l’invraisemblable.

Dans le Musée de la mort, c’est le corps et sa conservation qui intéressent l’artiste. Peut-on déceler de la vie dans un corps mort ? Ce sont des photographies très détaillées et fascinantes qu’il nous propose. Le Freak Show, lui, se veut alors très actuel et dévoile des photographies tirées d’Internet qui montrent la « monstrification » volontaire de certains individus.

L’artiste Marc Séguin, de son côté, nous propose un stand de tir pour le moins original. Après avoir dessiné son autoportrait sur une cible, c’est le public qui doit s’amuser à viser au mieux le cœur qu’il s’est dessiné sur le front, voulant ainsi désacraliser l’œuvre et porter un peu d’autodérision dans le traitement de l’art.

Vous pourrez aussi voir Zoltar le cadavre exquis, le petit acousmonium, la Machine à vue ou encore Sirenomena, mais je ne vous en dis pas plus. À vous d’aller explorer et de rentrer pleinement dans cette fête foraine originale qui démocratise l’art contemporain et permet de l’offrir au grand public, pour le plaisir des petits comme des grands.

Léa Villalba

L’Humanorium, dans le cadre du festival d’art public KM3, du 5 au 15 octobre 2017. Pour toutes les informations, c’est ici.

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