Prolifique en studio, le guitariste et chanteur Harry Manx est aussi un grand régulier du FIJM, étant invité presque chaque année pour faire découvrir ses nouveaux projets. Hier, il était de retour pour faire découvrir à Montréal les nouveaux arrangements qu’on retrouve dans son 15e opus, Faith Lift, paru en avril dernier. Petite subtilité : au lieu du Sydney Opera String Quartet de la version studio, Manx a fait appel au talent local du Quatuor esca.

C’est seul que Harry Manx est monté sur la scène, autant pour réchauffer la salle que pour se préparer à accueillir le quatuor juste après. Les quatre instrumentistes sont arrivées sobrement sur scène et l’album Faith Lift a été intégralement repris sur scène, entrecoupé d’interventions du chanteur. Très pince-sans-rire, Manx ne manquait pas d’anecdotes hier soir, faisant rire le public presque entre chaque chanson. Il n’en manquait pas une lorsqu’il prenait son banjo, nous apprenant par exemple que cet instrument est un mélange entre la guitare et la pauvreté, ou le subtil dégoût de sa femme lorsqu’il a ramené l’instrument à la maison pour la première fois. Le tout, sur un ton tellement zen que le public n’avait pas le choix de le devenir un peu aussi.

C’est aussi ça, sa marque de commerce : un folk-blues marqué par ses multiples influences venues de l’Est, dont le raga indien, qui laissent croire que s’il n’est pas carrément devenu bouddhiste, il a tout de même bien intégré certains préceptes de ce mode de vie dans son art comme son quotidien.

Minuscules bémols à cette soirée sans tache : l’album laissait entendre qu’il jouerait davantage du Mohan Veena (la fameuse guitare indienne à 20 cordes), mais les sonorités indiennes étaient généralement issues d’enregistrements que Manx démarrait pour créer de l’ambiance. Il a quand même sorti cette guitare particulière en nous lançant, toujours sans rire, que « ce qui est bien avec la musique indienne, on ne sait jamais quand l’accordage se termine et quand la chanson commence ». Sinon, comme seules percussions, Harry Manx avait un son qui s’apparentait à une caisse claire qui se déclenchait en tapant du pied… ça aurait juste été plus agréable que le son se fasse entendre plus d’une fois sur trois!

Quant au quatuor, rien à dire sur sa performance : les quatre musiciennes ont offert un travail précis et fidèle aux partitions qui ont mené à l’enregistrement original. Le groupe aurait pu être mieux exploité, n’offrant qu’un support discret dans plusieurs des chansons, mais ce « défaut » relève davantage des arrangements que des musiciens en tant que tel. Personne ne sera surpris d’apprendre que Harry Manx a été ovationné à la fin de la représentation, le forçant à jouer non pas un, mais deux rappels, en solo. Il aura finalement joué pendant 1h30, sans entracte, et le public, lui, est sorti aussi paisiblement qu’après une bonne session au spa. À l’approche imminente de la fin du FIJM, cette soirée toute en douceur arrivait franchement à point.

– Olivier Dénommée

Harry Manx et le Quatuor esca se produisaient le vendredi 7 juillet au Monument-National dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal. Le festival se termine le 8 juillet. Pour tout savoir de la programmation, c’est ici.

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