Crédit photo : Annie Spratt

On a tous bavé, à un moment où un autre, sur ces magnifiques espaces hyper design qui donnent presque envie de déménager au bureau. Dans les faits, quels sont les avantages et les inconvénients de faire tomber les murs des bureaux?

Personnellement, j’ai travaillé dans les deux environnements, mais beaucoup plus longtemps en espace ouvert. J’ai donc pu observer à quel point les dynamiques de travail sont complètement différentes dans un cas comme dans l’autre. Comme j’ai appris mon métier de gestionnaire culturel dans un espace ouvert, je n’ai jamais pu m’adapter complètement à mes quatre murs. Voici quelques clichés persistants au sujet des bureaux ouverts.

Crédit photo : Andrew Neel

1. Les bureaux fermés sont avantageux parce qu’on a la paix!

Vrai, mais veut-on vraiment avoir la paix 40 heures par semaine? Si vous venez de répondre oui, je vous suggère d’aménager votre sous-sol et de devenir travailleur autonome. C’est ici que l’on peut observer l’une des premières erreurs commises quand on a envie d’espaces ouverts, soit, de nier complètement le besoin d’intimité.

Travailler en espace ouvert ne veut pas dire d’installer le bureau du boss sur un podium au centre de la pièce. Ni de disperser tous les employés autour en positionnant les ordinateurs de manière à ce qu’il soit impossible de prendre une pause Facebook de 15 minutes sans que tout le monde vous juge. Quand votre seule manière d’avoir un peu d’intimité est de vous réfugier aux toilettes, il y a clairement un problème avec l’aménagement.

La solution? Arrêter de réfléchir en terme « d’espaces ouverts», mais de penser plutôt en mode « multi-espaces ». Aménager au moins un bureau fermé pour les moments où on a envie de ne voir personne. On peut aussi aménager quelques jolies cloisons mobiles (je ne parle pas de cubicule en tapis gris hein), ce peut être seulement une bibliothèque ou un support à plante. Dans le mode multi-espaces, il pourrait être intéressant d’aménager aussi des espaces style salon, un petit comptoir-bar près de la machine à café, etc. L’idée est de pouvoir travailler dans un éventail d’espaces selon notre besoin plus ou moins grand d’intimité.

2. Impossible de se concentrer dans les espaces ouverts?

Ici on sous-estime clairement la capacité d’adaptation du cerveau. À force de travailler dans ce genre d’ambiance, les conversations finissent pas devenir un simple bruit de fond. En tant que gestionnaire, j’aime beaucoup être témoin en temps réel de ce qui se passe au sein de l’équipe. Les projets en cours, les dynamiques de travail… Un conflit ne peut pas perdurer bien longtemps dans un espace ouvert, donc pas le choix de le régler.

Pour ceux qui ont de vrais problèmes de concentration, il y a les écouteurs (même sans musique). Le simple fait de poser des écouteurs sur sa tête décourage les collègues de vous déranger aux deux minutes. Il y a aussi, le bureau fermé (oui celui que vous avez pris soin d’aménager au point 1). Et bien sûr, le télétravail quand vous devez travailler sur un dossier qui doit mobiliser toute votre concentration.

Et les avantages, eux?

Outre le gain d’espace, la convivialité et la facilité des échanges, pour moi c’est l’efficacité du travail d’équipe qui m’apparaît être le plus grand avantage. Les idées se croisent, s’échangent, circulent. Quand une équipe travaille en bureaux fermés, il faut toujours jouer au jeu du téléphone pour passer les dossiers. Inévitablement, les employés ne sont plus témoins du travail des autres et sont donc moins portés à offrir de l’aide. Les bureaux fermés favorisent clairement le travail en silo. Il en résulte des dossiers qui ne sont pas travaillés de manière transversale et qui parfois, manquent de cohérence entre eux. Le domaine de la gestion réalise de plus en plus les bienfaits des techniques d’intelligence collective pour augmenter l’efficacité au travail. Une bonne équipe est constituée de gens qui se complètent et qui peuvent mettre à profit leurs compétences au bénéfice de dossiers communs.

Vous détestez vos collègues, et vous n’avez aucune envie de travailler constamment avec eux? Hum. Changez d’emploi.

Julie Gauthier

Le conseil de la semaine, c’est un peu pour donner au suivant, pour écrire ce que Julie Gauthier aurait bien aimé lire quand elle était seule à son bureau de directrice générale de la coopérative Paradis (dans un vieux cinéma froid où la neige rentrait l’hiver), poste dans lequel elle portait tous les chapeaux: c’est elle qui posait l’abri tempo, qui gérait un débordement de toilette un 25 décembre et qui n’avait qu’une pomme et une orange pour Noël (seul le dernier item est fabulé). Aujourd’hui artiste (cinéaste-scénariste à temps partiel), directrice du Conseil de la culture du Bas-Saint-Laurent et à la vice-présidence du Réseau des conseils de la culture du Québec, Julie a envie de partager son savoir avec tous les travailleurs culturels et artistes de la relève qui ont besoin d’un coup de pouce pour le côté le plus plate (ou pas?) de la force : financement, développement de projet, marketing… Name it!

BABILLARD : Un événement à annoncer? Une formation dans le milieu culturel à faire découvrir? Envie de jammer avec des artistes de feu? Une offre d’emploi? Un autre truc à partager? C’est ici que ça se passe, maintenant, pour partager avec les lecteurs des Méconnus!

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