Le 11e Gala alternatif de la musique indépendante du Québec, plus connu sous le nom de GAMIQ, faisait tentative de concurrence à la grande finale de La Voix Junior dimanche dernier au Lion d’Or pour ce rendez-vous annuel de la musique émergente, où artistes, promoteurs et médias s’habillaient à peu près comme ils voulaient.

La seule restriction : « Cachez votre anus », ont poliment demandé les animateurs, le duo Sèxe Illégal. Sauf erreur, tout le monde a réussi à respecter la demande et ce qu’on a eu de plus près d’un impair vestimentaire est un sein qui serait furtivement apparu sur scène (mais que personne ne semble avoir vu sauf ma blonde). Sinon, après l’ADISQ, personne n’avait envie de scandale. C’est donc un GAMIQ sympathique, mais un peu convenu où on a eu droit à bien peu de surprises, particulièrement du côté des gagnants.

Sur 28 Lucien, la plupart étaient hautement prévisibles : personne n’a été surpris des deux prix reçus par Safia Nolin (Album folk de l’année et Auteur-compositeur de l’année) et Dead Obies (boudés à l’ADISQ, il sont repartis avec Album rap de l’année et Spectacle de l’année), ni celui de Laura Sauvage (Révélation de l’année, même si certains ont signalé avec justesse que Vivianne Roy était loin d’être une révélation, elle qui s’est largement fait connaître avec Les Hay Babies). Quant à l’Album pop de l’année, Laurence Nerbonne est repartie avec un Lucien à défaut d’avoir le Félix quelques semaines auparavant. La liste des victoires prévisibles est longue : Anonymus (Album ou EP métal de l’année), Bernhari (Album indie rock de l’année), Lakes of Canada (Album ou EP trad de l’année), Misc (Album ou EP jazz de l’année), Samito (Album ou EP world de l’année), CISM (Média de l’année), Le Divan Orange (Salle de spectacle de l’année) et le FME (Festival de l’année).

La performance de Laura Sauvage était plus convaincante que son discours... / Photo : Olivier Dénommée

La performance de Laura Sauvage était plus convaincante que son discours… / Photo : Olivier Dénommée

À la défense du GAMIQ, je n’avais pas du tout vu venir le succès de Les Goules, qui est reparti avec le Prix du public et l’Album rock de l’année, tout de même. Ni celui de FOXTROTT, qui a raflé l’Album électro de l’année au détriment de Le Matos, qui avait pourtant séduit bien des oreilles (dont les miennes) l’an dernier.

Déroulement

Mine de rien, 28 prix, une dizaine de performances (dans le désordre : Laura Sauvage, Krief, Ariane Zita, La Bronze, Le Couleur, Les Indiens, Never More Than Less, O Linea, Clay and Friends, Simon Kingsbury et Vulvets), de l’animation et une entracte en à peine trois heures, c’est un petit exploit pour l’événement, qui a connu de rares pépins techniques. Parmi les moments forts de la soirée, on se souviendra du speech préenregistré de Safia Nolin que personne n’a entendu de part l’absence de son, des discours de deux mots, qui tranchaient avec les interminables auxquels on a eu droit (ironiquement, les plus longs étaient tous liés à Crabe), et celui de Laura Sauvage que personne ne semble avoir compris (ça va, Vivianne?). Ajoutons l’hommage aux disparus, qui était particulièrement long cette année pour des raisons évidentes. Du côté de l’animation, on s’est même permis un bref hommage à Leonard Cohen, reprenant son plus grand succès en entonnant solennellement « Ha, le gouda ».

Krief n'était pas en nomination cette année, mais mériterait largement de l'être en 2017 / Photo : Olivier Dénommée

Krief n’était pas en nomination cette année, mais mériterait largement de l’être en 2017 / Photo : Olivier Dénommée

Le GAMIQ, comme tout gala au Québec comme partout dans le monde, n’était pas parfait, mais il a somme toute bien rempli son mandat. L’organisation peut se donner une tape dans le dos et se dire « mission accomplie ». La barre va être haute pour l’an prochain, on le sent déjà.

***

Au cas où vous ne l’avez pas encore vu, voici la liste complète des Lucien distribués dimanche :

Prix du public
Les Goules

Album Folk de l’année
Safia Nolin – Limoilou

EP Folk de l’année
Chantal Archambault – À hauteur d’homme

EP Rap de l’année
Loud Lary Ajust – Ondulé

Album Pop de l’année
Laurence Nerbonne – XO

EP Pop de l’année
Rosie Valland – Nord-Est

Album ou EP Punk de l’année
Crabe – Le temps f33l

Album ou EP métal de l’année
Anonymus – Envers et contre tous

Album Rock de l’année
Les Goules – Coma

EP Rock de l’année
Fuudge – Fuudge EP

Album Indie Rock de l’année
Bernhari – Île Jésus

EP Indie Rock de l’année
Navet Confit – EP7

Album Rap de l’année
Dead Obies – Gesamtkunstwerk

Album Électro de l’année
FOXTROTT – A Taller Us

Album et EP Jazz de l’année
Misc – Misc

EP Électro de l’année
La Bronze – Rois de nous

Album ou EP Expérimental de l’année
Echoes From Jupiter – Kosmonavt

Album ou EP Trad de l’année
Lakes Of Canada – Transgressions

Album ou EP World de l’année
Samito – Samito

Couverture d’album de l’année
Crabe – Le temps f33l (Gabrielle Laïla-Tittley)

Vidéo de l’année
Beat Market – « Les belles années »

Artiste de l’année
Koriass

Révélation de l’année
Laura Sauvage

Spectacle de l’année
Dead Obies

Auteur-compositeur de l’année
Safia Nolin

Salle de spectacle de l’année
Le Divan Orange

Festival de l’année
FME

Média de l’année
CISM

– Olivier Dénommée