Alors, on en retient quoi de l’édition 2014 du Gala Alternatif de la Musique Indépendante du Québec? Que Klô Pelgag a l’émerveillement tatoué dans le regard, comme une cosmonaute posée en douceur sur le Mont Novocaïne de la planète Hélium? Que les Dead Obies, absents, mais attentionnés sur vidéos préenregistrés, ont à coeur la protection du langue français? Que Maladie d’amour de Jimmy Hunt est un album folk?? Pis que c’est l’fun en criss d’accepter un prix avec sa pinte, en tournant l’osti de patente en dérision et en ponctuant ses câlisses de remerciements d’un gros tabarnack pis d’une joke plate qui tombe à plat? Entre autres.

C’est aussi pour le média l’occasion de découvrir ce qui lui a glissé entre les oreilles durant son année chargée. Autrement dit, les nommés des catégories mineures, en équilibre sur la frange de la marge, méconnus même du gratin indépendant sur les lieux. Au lendemain du gala, je recueille les impressions au moyen d’une question à double volet : Ça te/vous fait quoi de gagner un prix rose et pourquoi ton/votre album méritait de gagner?

a3640087252_10

Matana Roberts, Sam Shalabi et Nicolas Caloia (album jazz de l’année – Feldspar)

Nous pensons objectivement que ce trophée ira à merveille dans notre décor de région. Nous sommes très fiers de produire des musiques aventureuses dans notre petit patelin de Rimouski. Nous croyons que nous devions gagner car, en ces temps de conservatisme, nous proposons une vision libérée de la musique et nous nous associons à des musiciens formidables. Nous sommes aussi heureux de voir que cette vision à maintenant sa place dans un gala, et dans l’industrie (parallèle) musicale québécoise. Un gros bravo aux musiciens et aussi à nos illustres compétiteurs. Chapeau levé. »

– Éric Normand, directeur de Tour de Bras (musique neuves et d’occasion)

pypy-pagan-day

PyPy (album punk de l’année – Pagan Bay)

Ça fait plaisir et rougir… on a les joues toutes roses comme le prix. Je ne crois pas qu’on le mérite plus que les autres. J’ai l’impression que le gala a davantage pour but de souligner l’esprit communautaire de la scène montréalaise que d’encourager une dynamique de compétition. Tous les nommés de notre catégorie « torchaient ». On doit choisir un gagnant pour la forme. »

– Roy V aka Choyce aka Trxrfrkids (guitare/chant)

Millimetrik (album électronique de l’année – Lonely Lights)

a2933909842_10

Gagner un prix rose exprime le côté doux de ma personnalité et de celle de mon disque… Mon album méritait de gagner en raison de son authenticité et de de ma persévérance. Et aussi parce que c’est cool quand les underdogs gagnent parfois, non? »

– Pascal Asselin alias Millimetrik

Toast Dawg (EP de l’année – Bazivilain)

a0494194017_10

Je n’ai pas écouté tous les autres disques. Pourquoi le mien? Je sais pas trop, mais j’étais confiant que je pouvais gagner dans cette catégorie. J’ai fait un disque un peu edgy qui ne s’adresse pas nécessairement à un large public, mais j’ai quand même eu un certain buzz. #mercitoast »

– Toast Dawg aka DJ Naes

B.A.R.F (album métal de l’année – Brûle Consume Torture)

a3630709462_10

Bin un trophée rose, j’avoue que c’est troublant au début, mais éventuellement on s’habitue. Je vais repeindre la cheminée pour que le tout soit color match. On a gagné parce qu’on est les plus vieux et que nos vies sont presque terminées. Je vois pas d’autres raisons. »

– B.A.R.F.

Nicolas Roy