Image tirée du film Je me tue à le dire de Xavier Senon

Catégorie adorée ou boudée du Festival du nouveau cinéma, Temps Ø, est un peu comme un adolescent rebelle, irrévérencieux, pervers et immature. Une catégorie entière pour un cinéma du malaise, de la sauvagerie et parfois même du mauvais goût… Bref, un open house dont tout le monde parlera demain.

JE ME TUE À LE DIRE de Xavier Seron : un vrai beau malaise

Michel Peneud (prononcé « Pneu » à son grand grand dam) sait qu’il va mourir, sa mère a un cancer du sein, peut-être que lui aussi… Des images en noir et blanc magnifiques, des scènes désopilantes, quelques moments d’une grande poésie, mais aussi beaucoup de pilosité, de vomi et de bouffe à chat en gros plan. Seron présente un film angoissant, mais précis. Un film d’une grande humanité qui nous rappelle que la mort, la beauté et le malaise sont partout que ça nous plaise ou non.

PRANK de Vincent Biron : des ados qui font des choses d’ados

Vincent Biron présente ici son premier long métrage. L’histoire sans histoire d’adolescents qui aiment jouer des tours de type « jackass » et les filmer sur leur téléphone intelligent. On pense aux vieux de Trash Humper d’Harmony Korine. À ceci près que les personnages de Korine sont inattendus parce que ce ne sont pas des jeunes qui font des trucs de jeunes… Les ados de Biron sont hyperréalistes, on rit de leur humour déjanté et on est mal à l’aise aussi, mais rien n’est inattendu. L’intérêt du film est du côté de la vie des victimes qui est stoppée le temps d’un petit tour. Peut-être par manque de profondeur ou parce que les trois quarts des films des dernières années sont des histoires d’adolescents, Prank laisse un peu indifférent.

WET WOWAN IN THE WIND, ANTIPORNO et PORNO E LIBERTA : un weekend de révolution sexuelle

 Trois films, trois propositions pornographiques intéressantes :

Wet Woman in the Wind de Akihiko Shiota et Antiporno de Sion Sono sont deux films japonais d’une série « Roman porno » nouveau. Le « roman porno » est le nom qu’a donné le studio Nikkatsu à son cinéma érotique à partir de 1971. Shiota et Sono ont tous deux répondu à l’appel de Nikkatsu de reprendre le titre, défi qu’ils relèvent avec, semble-t-il, beaucoup de plaisir et d’éclatement. Le film de Shiota met en scène la rencontre d’une femme qui ne se peut plus de désir et d’un homme qui pratique le célibat (pas pour toujours, on s’en doute un peu). Sono (Suicide Club) de son côté propose un film beaucoup plus éclaté, radical et coloré (beaucoup de « glitters » si on en croit la bande-annonce) sur une star de la mode qui s’ennuie en attendant la journaliste qui doit l’interviewer…

Porno e liberta de Carmine Amoroso c’est toute autre chose. Un documentaire sur la pornographie italienne et de quelle façon la jeunesse s’est-elle approprié cette pornographie pour en faire une arme de révolution. Avec des interviews de réalisateurs, de stars, de philosophes et de féministes et, bien entendu, une myriade de joyeuses images d’archives de gens tout nus, on ne peut qu’avoir hâte d’en apprendre plus sur la révolution!

Maude Levasseur

Le Festival du nouveau cinéma se déroule encore jusqu’au 16 octobre dans plusieurs salles de Montréal.