Crédit photo: Thomas Blain

Eh oui, c’est déjà septembre; glorieux mois du retour à l’école pour certains, la fin des vendredis après-midi de congé pour d’autres, et, bien sûr, l’avènement du Festival International de Littérature (FIL), qui fête cette année sa 19ème édition.

Le festival commença d’ailleurs en grand vendredi soir avec le spectacle Jusqu’où te mènera ta langue?; délicieux et inspirant cabaret littéraire, poétique, parfois politique, québécois dans sa plus profonde essence, suite logique (et comprenant plusieurs textes composés alors) du bal littéraire qui marqua la fin du festival Jamais Lu en mai dernier (ce qui nous prouve que les festivals littéraires et dramaturgiques au Québec sont solidaires comme ils se doivent).

Bien sûr, le mot « cabaret littéraire » peut en dérouter et rebuter certains ; il y a cet aspect décousu, ces innombrables références littéraires et poétiques qu’on ne connaît pas toutes si on n’a pas passé sa vie dans les bibliothèques, ces inévitables textes plus faibles ou qui accrochent moins notre sensibilité (il y en a bien sûr eu quelques-uns), les bombardements soudains de vers décrivant des enjeux politiques qui nous rappellent qu’il y a un monde loin de l’auditorium, loin de la beauté des mots, qui est parfois triste et sale.

Cependant, le plus bel attrait d’un cabaret littéraire, surtout celui-ci, est de donner la chance de découvrir la richesse et le talent des écrivains (et des comédiens) de la relève au Québec. Bien sûr, pour les « théâtreux » dans mon genre, Simon Boulerice, Ève Landry, Annick Lefebvre, Danny Boudreault, pour ne nommer que ceux-là, font partie de notre vie quotidiennement depuis des années déjà, comme des amis familiers avec qui on n’a jamais échangé une parole. Mais on découvre aussi des nouveaux coups de cœurs, des nouveaux prodigues qu’on se reproche de ne pas avoir connu avant. Dans mon cas, ce fût Marjolaine Beauchamps, dont le texte continu à me chavirer le cœur deux jours plus tard.

Mais plus que tout, Jusqu’où te mènera ta langue ? pose la question : « Pourquoi écrire à Montréal en 2013 ». Qu’on écrive sur Facebook une opinion ou de longues nouvelles littéraires pour enrayer les chimères de son passé, on a tous une raison de s’exprimer, de choisir de rester ici. Si vous voulez savoir, sur un des coins du programme de la soirée, j’ai retrouvé tantôt cette note que j’ai écrit vendredi : « J’écris pour donner voix aux espaces entre les mots. J’écris à Montréal car je peux m’y perdre et quand même, toujours finir par me retrouver ».

– Marie-Paul Ayotte

Le festival international de littérature se poursuit jusqu’au 29 septembre.

http://www.festival-fil.qc.ca/2013/