Après avoir réfléchi pendant longtemps à un titre plus modéré que celui-ci, je n’ai pas eu le choix d’en venir à cette conclusion. Il y avait deux publics complètement différents au spectacle de Serena Ryder samedi : les fans finis et ceux qui ont entendu une chanson ou deux à la radio. Pour faire une histoire courte, la première catégorie a passé une soirée pas mal plus belle que la seconde. Le texte est écrit dans la perspective d’un spectateur qui connaît très bien la discographie de l’auteure-compositrice-interprète.

Serena Ryder est une artiste intense et très près de son public. J’ai eu l’occasion de le découvrir il y a quatre ans, en plein pendant le buzz créé par sa chanson Stompa. À l’époque, les moyens étaient plus modestes : elle était accompagnée de trois musiciens, et elle tenait une guitare presque l’entièreté du spectacle. Samedi, elle était passée à la ligue supérieure, venue avec six musiciens, dont deux choristes/danseurs, pour défendre les nouvelles chansons de Utopia, encore frais de mai dernier.

Sans grande surprise, la majeure partie de la soirée a été consacrée aux nouvelles chansons, que les fidèles connaissaient déjà par cœur, mais plusieurs « classiques » ont aussi été réinterprétés, souvent avec un habillage très différent pour l’occasion. D’ailleurs, la soirée a débuté avec une relecture de Stompa, intégrant un très bref passage en français. D’autres « vieilles tounes » ont été reprises, comme What I Wouldn’t Do et Baby Come Back, tirées de Harmony (2012). Et au milieu de ce set hyper chargé (rappelons-le, sept personnes sur scène!), Serena s’est assise, seule, avec sa guitare et un verre de vin rouge (qu’elle a demandé en français pour l’occasion), pour une portion acoustique fort appréciée. Son classique Weak in the Knees a donné lieu à bien des frissons, alors que des dizaines de spectateurs la connaissaient par cœur et ajoutaient leur intensité à celle de la chanteuse.

Après plus d’une heure de musique par Serena Ryder et sa bande, aucun signe de deux premiers extraits de Utopia, Got Your Number et Electric Love. On a déduit qu’elle les gardait pour la fin, une stratégie prévisible, mais qui a fait ses preuves. Effectivement, c’est peu avant de quitter la scène que l’énergique Got Your Number a été entonnée, suivie des cris d’une foule à l’avant qui en redemandait. Elle n’a pas été en reste : l’artiste est revenue, seule, pour reprendre Sisters of Mercy de Leonard Cohen, une reprise qu’elle a endisquée en 2005, mais qui revêt une importance toute particulière moins d’un an après son décès. Puis, ses musiciens sont revenus pour Fall et… Electric Love. Au total, elle a offert 1h25 de musique au public du Métropolis, et en a contaminé plus d’un de son aura bien à elle. On peut dire que c’était une bien belle façon de terminer ce FIJM.

Enfin, ça, c’est pour les fans de l’artiste, les purs et durs. Les curieux et ceux qui ne connaissent que deux ou trois succès ont semblé trouver le temps un peu plus long. L’arrière du parterre s’est vidé assez rapidement, et des couples passaient plus de temps à regarder leur écran qu’à apprécier le spectacle. Même endroit, expériences complètements différentes… dommage, parce que tout le monde a pas mal payé le même prix!

Première partie : Fast Romantics

Ah, oui, il y avait une première partie à ce spectacle! Serena Ryder a fait appel à ses comparses ontariens de Fast Romantics. Le sextuor pop-rock était en plein dans le bon registre pour réchauffer la salle, mais il manquait peut-être une petite étincelle pour rendre son set véritablement mémorable. Le chanteur Matthew Angus et sa présence sur scène compensaient pour le côté plus statique du reste du band, et quelques chansons rentraient plus au poste que d’autres, mais Fast Romantics peine à véritablement se démarquer sur cette scène déjà saturée, du moins au Québec.

– Olivier Dénommée

Serena Ryder jouait au Métropolis de Montréal le samedi 8 juillet 2017 dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal.

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