Ce jeudi soir au Métropolis, l’ambiance était électrique. Certains étaient arrivés très tôt pour réserver des sièges à l’étage et profiter de la vue plongeante sur la scène. D’autres affluaient au premier rang, préférant la proximité avec les artistes. Difficile de se frayer un chemin dans cette salle grouillante d’un public frénétique de tous âges et horizons confondus. Oui, Amadou et Mariam étaient attendus. Attendus avec grande impatience. Et pour cause : les icônes de la scène world n’avaient pas joué en Amérique du Nord depuis des années!

Le duo déboule sur scène tout de rouge vêtu et démarre avec deux morceaux, Ta promesse et Batoma. « On chante. On danse. On se remue. On bouge. Moi, je m’en fous! », le ton est donné! Les textes sont engagés et les airs ultra rythmés. Le percussionniste se défonce et entraîne le public qui tente de suivre la danse endiablée d’Aminé, la choriste. Comme le dit Mariam sur le troisième morceau : « C’est chaud ». Ça continue avec les « Aaaaaahaaah » entonnés par la foule sur Wily Kataso. La version live diffère de l’enregistrement studio avec TV on the radio. Qu’importe, ça ne dérange personne! Tonnerre d’applaudissements pour Mariam qui quitte la scène.

Moins perceptibles sur les albums, on découvre un Amadou très rock qui se lance dans plusieurs solos de guitare talentueux sur Masiteladi et Dogons, dédicace à ceux qui sont allés au Mali. Quelques amoureux de gratte se déchaînent parmi le public en imitant les gestes du musicien. C’est certain, les gens sont conquis.

Mariam a troqué le rouge pour une tenue argentée. C’est reparti pour un tour… sur un ton plus grave. Gnara mina dénonce les conflits internationaux et fait écho à l’instabilité qui règne au Mali. La voix profonde de Mariam s’éteint. Amadou donne un discours politique qui remercie le festival Nuits d’Afrique d’ouvrir les frontières et de favoriser les échanges culturels. Représentant de la francophonie, Amadou se dit fier de jouer au Québec.

« On se complète, on va chanter ensemble. On y va. » Yiki Yassa et Filaou bessame raniment les ardeurs d’un public prêt pour vivre un grand moment d’émotion, provoqué par le tube planétaire Je pense à toi. Une horde de téléphone se soulève. Les gens chantent à tue-tête. La bonne humeur dégagée par le duo complice est contagieuse.

Place à Bofou Safou, dernier single disco d’Amadou et Mariam, qui vous fera patienter avant la sortie en automne de leur prochain album La confusion. Le titre militant n’est pas sans rappeler les rythmes de grandes figures africaines comme William Oneyabor et Oumou Sangamé.

« Il est temps de sauter! » hurle Amadou en riant. La finale du concert se veut percutant avec Kobena et La Réalité. Entre percussions et solo de guitare, le public est en feu. Évidemment qu’il y aura un rappel! Sous les confettis, Amadou et Mariam interprète leur célèbre Dimanche à Bamako pour finir sur La paix, une conclusion louable.

Avec 40 ans de carrière et une dizaine d’albums derrière eux, Amadou et Mariam savent galvaniser les foules grâce à un savant mélange de textes militants et de compositions audacieuses. Une invitation au voyage – hymne à la joie – entre le Mali, la France et le reste du monde.

– Marina Seuve

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