Photo : Rose Carine Henriquez

Entre beau temps et averses capricieuses, Le Festif poursuit sa 8e édition d’expériences humaines, ce festival de musique étant bien plus qu’une simple succession de concerts. Ça prend du temps de mettre sur pied son petit trip vers Baie-Saint-Paul, que ce soit pour des festivaliers, habitués ou non, ou pour les nombreux bénévoles qui ne sont pas de la ville même. Il faut donc le vouloir, pour la musique, mais pour autre chose aussi.

Retour sur cette seconde journée aux parcours différents pour chacun. C’est d’abord vers le Quai qu’on s’est dirigé. Louis-Jean Cormier nous attendait, sans musiciens, à nu comme il se plaisait à le répéter pour un spectacle striptease. Reprenant des chansons de ses différents albums et même quelques-unes de son ancienne formation Karkwa, le chanteur, habile avec les mots, en a renouvelé les interprétations. Ce qui prouve que les chansons n’ont pas une forme figée et peuvent surprendre d’un show à l’autre.

Photo : Rose Carine Henriquez

Ambiance Woodstock dans un cadre poétique. L’endroit n’ayant pas de murs ni de plafond, on pouvait tout faire selon lui. Chanter fort, même quand la pluie a commencé à tomber pour s’arrêter quelques minutes après. Une belle façon de commencer la journée – et le festival pour certains.

Beyries était la seconde artiste sur notre liste, et c’est sur le balcon de Jacqueline, résidente de Baie-Saint-Paul que nous la retrouvons, au bout de la rue St-Adolphe, un peu à l’écart du centre. Nouvelle venue sur la scène musicale québécoise, certes, mais rapidement adoptée. Figure de la femme résiliente et forte, elle a sorti son premier album Landing au début de l’année après des épreuves de vie marquantes. Dans une ambiance chaleureuse et intimiste, elle a repris les titres de son univers si doux et si émotif devant un public réceptif. Pour la chanson J’aurai cent ans en duo avec Louis-Jean Cormier, le fameux « barbu » a fait une apparition que l’on pouvait deviner, leurs spectacles étant programmés l’un après l’autre.

Deux artistes à deux endroits insolites, aux univers qui se correspondent et aux œuvres portant sur les rapports humains, avec une préoccupation pour l’écriture, le poids des mots, le sens des choses. Le fait qu’ils aient performé l’un après l’autre a permis de voyager dans des eaux similaires et en même temps uniques à chaque auteur-compositeur. La douceur l’emporte, ainsi que la découverte de chansonniers sensibles.

Changement de registre lorsqu’on se retrouve à l’une des performances Vitrines Pantoum/La Bête, présentant des artistes de la relève. Changement de style autant que de génération. On découvre De la Reine avec la sensualité qui colle à sa musique pop-indie-électro, si on insiste pour la définir. C’est surtout la présence attractive qu’on remarque et la complémentarité des trois membres du groupe, Odile Marmet-Rochefort (Beat Sexü, Gab Paquet), Vincent Lamontagne (X-Ray Zebras) et Jean-Etienne Collin Marcoux (Beat Sexü, Anatole).

Photo : Rose Carine Henriquez

Ensuite, direction la Place Desjardins pour Xavier Rudd qui suivait Laura Sauvage et Plants and Animals. Multi-instrumentiste australien, l’artiste a fait planer une vague de peace and love, malgré ses chansons aux styles très disparates, le reggae côtoyant une sorte de rock/techno et de musique traditionnelle. Une chose est sûre, les corps dansaient et l’invité international a conquis bien des cœurs. Cette édition du Festif est la première où la scène Desjardins affichait complet pour tous les spectacles qui y étaient programmés.

Pour clore cette journée, on a choisi d’aller écouter Le Couleur sous le chapiteau de la scène Radio-Canada. Voyage à travers un électro-rétro qui n’aurait eu aucun bémol si le balancement du son était mieux équilibré. Sinon, c’était sans fausse note que la formation a livré une performance énergique et sexy.

Au Festif, la musique sort de tous les recoins de la ville. Par exemple sur le balcon d’un presbytère où Violett Pi est apparu ou d’un garage de curé où le groupe Vurro a offert une performance étrangement envoûtante. Le Festif se termine le 23 juillet.

Rose Carine Henriquez

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