En guise de présentation, Giordano Giulivi, le réalisateur, disait que son film avait été fait en sept ans par des amoureux du cinéma classique américain. Il s’agit d’une bien faible affirmation. Tourné avec très peu de moyens et avec une toute petite équipe (presque tout le monde occupe un rôle devant et derrière la caméra), le film est fait du sang et de la sueur de ses créateurs. L’hommage au cinéma de cette époque est méticuleusement articulé à travers toutes les facettes de The Laplace’s Demon ; de la photo en noir et blanc à la construction des cadrages, du jeu un peu gros des acteurs à la trame sonore grandiloquente.

Une équipe de scientifiques s’intéressant à la prévision des événements est convoquée chez un illustre inconnu afin de pousser plus loin leurs recherches. Le mystérieux homme habite dans un château, sur une île au milieu d’une mer tumultueuse. Arrivés, les scientifiques réalisent qu’ils sont en fait séquestrés par un fou obsédé par le Démon de Laplace.

Pour la petite histoire, Pierre-Simon Laplace est un mathématicien du 19e siècle qui avait avancé l’idée philosophique qu’une intelligence capable de prendre en considération la masse, la vitesse et les positions de tous les atomes de l’univers ainsi que les formules de tous les mouvements connus, serait capable de prédire les événements à venir, rendant le concept du libre arbitre complètement illusoire. Une telle entitée aurait pour nom le Démon de Laplace. Retour à notre prémisse: le savant fou est convaincu de détenir ce savoir et décide de tester sa théorie de façon meurtrière sur nos protagonistes.

Un peu comme Hitchcock l’avait fait pour la psychanalyse dans Psycho ou Nolan dans Pi, tout ce qui est scientifique est tellement vulgarisé, que le lien entre le scénario et le concept duquel il s’est inspiré s’amenuise. De ce fait, celui qui s’interrogera sur la démarche intellectuelle se retrouvera peut-être un peu frustré par le manque de consistance de la réflexion. Pour les autres, il s’agit d’une illustration sophistiquée du côté inévitable de la mort.

Avec son sens du suspense hautement maîtrisé (même si le stratagème, que je tairai, fini par être un peu répétitif), le film réussit à charmer par sa singularité et son ardeur. À voir pour les amoureux des films d’un autre temps.

Rose Normandin

Le Festival Fantasia, du 13 juillet au 2 août 2017. Pour plus d’informations, c’est ici.

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