Pour un peu de plaisir dans des litres et des litres de sang… Voici quelques découvertes faites à Fantasia!

Dead Shack de Peter Ricq

Comédie d’horreur issue du Canada et construite autour de la famille et des zombies, Dead Shack ne révolutionne pas le genre. À une époque où ces films connaissent une popularité renouvelée, on aurait bien aimé y retrouver un élément identitaire qui lui aurait permis de s’inscrire dans les annales (comme BrainDead et Shawn of the Dead avaient su le faire). Cependant, si on ne cherche pas plus loin que la proposition, le film est satisfaisant dans le lot de situations loufoques qu’il met en scène et les façons spectaculaires qu’il a de faire gicler le sang (une scène de tête qui explose a soulevé les cris et applaudissements).

Une famille (loin d’être nucléaire) loue un chalet crade, perdu au fond des bois, pour passer quelques jours de vacances. Bien vite, les adolescents (Lizzie Boys, Gabriel Labelle et Matthew Nelson-Mahood) découvrent que la voisine (Lauren Holly) a des habitudes bien étranges et devront être prêts à tout pour survivre.

Les points forts du film ne sont pas dans l’horreur, mais plutôt dans ses personnages et ses dialogues, superbement appuyés par les acteurs. Soulignons en particulier la performance de Donovan Stinson en père adulescent monoparental qui vole la vedette de plus d’une scène. Dans un feu roulant de gags noirs, les auteurs Peter Ricq, Phil Ivanusi et Davila Leblanc nous offrent un bel hommage aux films de zombies, même si, au demeurant, il reste prévisible.

Avec sa trame sonore dance-pop assurée par Humans (le band de Peter Ricq), le film est assurément une joyeuse envolée dans la comédie d’horreur. Si cet opus manque un peu de maturité, il sera intéressant de voir ce que les cinéastes nous prépareront la prochaine fois.

mon mon mon MONSTERS! de Giddens Ko 

Alors que la majorité des festivaliers avaient choisi d’aller voir le nouveau Takashi Miike (présentation surprise de Fantasia), j’ai plutôt opté pour le plus obscur mon mon mon MONSTERS! du réalisateur taïwanais Giddens Ko. Takashi Miike étant maintenant une valeur sûre, facilement distribué, il serait toujours possible de se reprendre pour voir son petit dernier. On ne peut pas en dire autant de Ko, qui ne verra peut-être jamais son film bénéficié d’une sortie en salle de ce côté-ci de la planète. Ce fût une excellente décision!

Lin Shu-Wei (Yu-Kai Teng) est sans cesse tourmenté par ses collègues de classe. Par un concours de circonstances hors de son contrôle, il se voit forcé de participer à des travaux communautaires en compagnie de ses bourreaux. Les étudiants croisent alors la route de deux monstres apparentés aux vampires qui se régalent des promeneurs solitaires. Film d’horreur moraliste on ne peut plus gore portant sur l’intimidation, le propos est rapidement deviné : les monstres ne sont pas ceux que l’on croit.

Doté d’un scénario inventif et d’une esthétique léchée (superbe direction photo de Yi-Hsien Chou), le film ne souffre d’aucun temps mort, si ce n’est qu’il succombe à la tentation de nous expliquer à outrance son propos. Vous savez cette scène qui survient juste avant le dernier acte d’un film pour nous résumer ce que l’on avait déjà compris depuis 1 heure et demie? Heureusement, dans le cas de mon mon mon MONSTERS!, la scène passe vite grâce à l’humour et au talent du réalisateur.

D’ailleurs, c’est cette façon élégante qu’a Giddens Ko de jouer avec le comique, le tragique et la violence qui offre aux spectateurs une expérience inoubliable, tout en donnant de la profondeur à son propos. Il ne se contente pas de dénoncer l’intimidation, mais réfléchit également au cycle de la violence, à la loi du silence et à l’importance de la compassion. Le réalisateur n’est pas très optimiste quant à la présence de la bonté dans le monde, mais nous offre en contrepartie un divertissement de haut calibre. mon mon mon MONSTERS! régale sur tous les plans (sans jeux de mots) et est, à mon humble avis, une des perles de l’édition 2017 de Fantasia.

Rose Normandin

Le Festival Fantasia, du 13 juillet au 2 août 2017. Pour toutes les informations, c’est ici.

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