Crédit photo : Gabriela Liivamagi

November du réalisateur Rainer Sarnet est un prisme de beauté et d’étrangeté. Magnifiquement photographié par Mart Taniel (et récipiendaire du prix de la meilleure direction photo au festival Tribeca), le film est basé sur le roman estonien d’Andrus Kivirähk, Les Groseilles de novembre, sorte de conte folklorique tissé autour d’un triangle amoureux.

Liina (Rea Lest) est amoureuse de Hans (Jorgen Liint), qui n’a de yeux que pour Luise (Katariina Hunt), la fille du seigneur. Une histoire d’amour simple, empreinte de poésie, sur fond de chroniques villageoises où les rites païens se mélangent aux pratiques chrétiennes, où il est possible de rouler le diable pour parvenir à ses fins, où il est courant d’engager des démons pour faire de menus travaux et où les vieilles blessures passent par de curieux chemins pour s’estomper.

Un film qui se dévore des yeux, où chaque plan est méticuleusement composé, pour donner vie aux éléments et permettre un véritable déracinement. Un voyage dans une Estonie d’un autre temps, un voyage au pays des morts, des promesses déçues et des amours impossibles. S’alliant à ces images, la conception sonore minimaliste mais efficace de Janaszek vient ajouter un peu de relief à un univers déjà riche.

S’il faut jouer le jeu des comparaisons, ce film serait le fruit d’une union entre les cerveaux de David Lynch, Tom Waits, Ingmar Bergman et Carl Theodore Dreyer. Un film insolite et parfait.

Ça vous dit? Oscilloscope distribuera le film cet automne.

Rose Normandin

Fantasia, du 13 juillet au 2 août 2017. Pour toutes les informations, c’est ici.

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