Crédit photos : Marie-Josée Turcotte

C’est un peu la question que vous pose le Musée de la civilisation de Québec avec sa nouvelle exposition intitulée tout simplement Hergé. En parcourant les différentes salles, c’est dans une aventure rétro-chronologique sur la vie de George Remi, alias Hergé, de 1983, âge de son décès, à son adolescence en 1920, que vous vous embarquez.

On peut découvrir par cette expo qu’Hergé était un grand amateur d’art, un vrai touche-à-tout. Peintre lui-même, Hergé a peint des oeuvres magnifiques qu’on peut découvrir, en plus de la salle dédiée à sa collection d’art personnelle. Attiré plus particulièrement par le mouvement d’avant-garde, l’artiste possédait des pièces de grande valeur, dont un portrait magnifique de lui-même, réalisé par nul autre que Andy Warhol.

Pourquoi Hergé s’est-il tourné vers la bande dessinée? Hergé dira que c’est son unique moyen d’expression :

Qu’y a-t-il d’autre à ma disposition? La peinture? Il faut y consacrer sa vie et comme je n’ai qu’une vie – et largement entamée – je dois choisir la peinture ou le dessin, mais pas les deux! Je ne peux pas être un peintre du dimanche ou du samedi après-midi. C’est impossible! » – Entretiens avec Numa Sadoul, 1971

L’amateur de Tintin pourra d’ailleurs y admirer plusieurs planches au crayon graphite jouxtant les planches colorées. Il pourra ainsi apprécier les étapes du travail de bédéiste, qu’Hergé compare à celui d’horloger.

Vous ne pouvez pas savoir à quel point c’est long et difficile : c’est un véritable travail manuel! Du travail d’horloger, je vous assure. D’horloger ou de bénédictin. Ou d’horloger bénédictin. » -Hergé à Numa Sadoul, 1971

L’une des salles qui surprend d’agréable façon est celle dédiée au travail d’affichiste de Hergé. On y découvre un redoutable publicitaire. C’est définitivement l’un des volets de la vie d’Hergé qui demeure le plus méconnu. C’est évidemment un pan marginal de la vie du bédéiste, mais qui démontre avec force toute l’étendue du talent de l’artiste. Marginal tout comme la série animalière de Tim l’Écureuil, inspirée par le travail d’époque des studios Disney.

Toute une salle est dédiée à l’Orient, puisque la rencontre de Tchang en 1934 à Bruxelles a été déterminante. À ce moment, « l’autre » n’est plus un étranger ou un figurant : il devient un ami. Il est aisé d’apprécier les retombées de cette rencontre dans l’album Le lotus bleu. La calligraphie retrouvée dans les albums est d’ailleurs souvent l’œuvre de Tchang lui-même.

C’est dans l’avant-dernière salle de l’expo que nous pouvons assister à la naissance de Tintin. Une animation nous montre d’ailleurs comment l’épi de cheveux caractéristique s’est dressé sur sa tête pour toujours, dans le vent, alors que le héros était au volant d’une décapotable.

En résumé, que l’on soit fanatique ou non de Tintin, l’exposition Hergé fascine. Elle donne inévitablement le goût de se replonger dans les albums du célèbre bédéiste.

Julie Gauthier (qui blogue aussi ici)

L’exposition Hergé est en cours au Musée de la civilisation de Québec du 21 juin au 22 octobre 2017. Pour plus d’informations, c’est ici.

BABILLARD : Un événement à annoncer? Une formation dans le milieu culturel à faire découvrir? Envie de jammer avec des artistes de feu? Une offre d’emploi? Un autre truc à partager? C’est ici que ça se passe, maintenant. Remplissez le formulaire pour partager avec les lecteurs des Méconnus!

À DÉCOUVRIR AUSSI :