Crédit photo : Sarah Marcotte-Boislard

« Plus Placard que jamais. » C’est ce qu’on pouvait lire dans le communiqué annonçant la sortie du nouvel album de Dany Placard sous l’étiquette Simone Records, Full Face. Le 29 septembre, l’artiste présente le fruit de trois ans de travail, mais surtout d’exploration musicale. Le Dany Placard qu’on connaissait est mort, vive Placard!

C’est environ un an après la sortie de Santa Maria (2014) que l’auteur-compositeur-interprète s’est lancé dans l’écriture de nouvelles pièces. « Ça a donné 7 ou 8 chansons très folk, très épurées. Après, j’ai mis ça de côté pour faire pas mal de réalisation et pour tourner avec beaucoup de monde. Quand j’ai ressorti les tounes, j’ai réalisé que c’est pas vers là que je voulais aller. J’ai tassé ça et je me suis déprogrammé. J’ai essayé de perdre tous mes réflexes.»

Tout un défi pour un artiste qui a pris ses marques et ses habitudes après six albums. Pour Placard, une évidence : l’impossibilité de continuer dans la même direction. Le musicien s’est plutôt dirigé vers un son rock aux accents grunge, en laissant libre cours à de vieilles influences comme Nirvana, Radiohead, Alice In Chains et Stone Temple Pilots.

« C’est ce que j’écoutais quand j’étais kid. J’ai commencé à faire des covers de ces bands-là dans le début des années 1990. » Vrai retour aux sources alors? « Ouais, je pense qu’on peut dire ça. Je me suis inspiré des sons de guitare et de batterie, dans un traitement plus moderne. Ça m’a mené à Full Face. »

Full Face, c’est aussi – et surtout – un besoin de s’exprimer. « Avec les médias sociaux, on voit tout le temps parler du monde. La réalisation, c’est la même chose. C’est beaucoup d’écoute sur le son, l’approche musicale. J’ai été fatigué d’entendre parler des gens. Si j’avais eu un full face, je l’aurais mis sur ma tête! »

Ce bruit ambiant l’a poussé à réfléchir à sa propre musique, et à vouloir se détacher de toutes les attentes de son entourage. « Oui, je sentais une pression de ne pas changer de son. Mais je me suis dit que je ne devais pas m’en empêcher. Un artiste, c’est égocentrique, centré sur soi-même. Je me suis peut-être oublié là-dedans avec les années. Quand j’ai envoyé les premières maquettes, tout le monde a embarqué. »

Pour arriver à ce septième album plus rock qui rappelle un brin Fred Fortin, Placard s’est entouré d’une nouvelle équipe, si ce n’est son collaborateur de Guillaume Bourque (guitare, co-réalisation) « qui s’assurait que ce ne soit pas trop fucké ». On compte également Jonathan Bigras à la batterie « avec qui j’ai tourné avec Laura Sauvage et qui est devenu un super bon ami avec le temps », Marc-Olivier Tremblay Drapeau à la basse «qui m’a accompagné sur la tournée de Santa Maria », la claviériste Camille Gélinas, Gabriel Desjardins et Louis-Philippe Gingras (arrangements et cordes) avec qui il avait envie de travailler depuis un moment.

C’est un nouveau Placard qui se présente à nous, mais on ne perd pas l’ancien. Au contraire, on a plutôt l’impression de gagner un artiste plus assumé, enfin sur son X. Full Face, à écouter sans hésiter.

Mélissa Pelletier

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