Photo : Etienne Dufresne

En 2016 paraissait un premier EP sous le nom de San James, pseudonyme derrière lequel Marilyse Senécal se réfugie pour composer. Elle remet ça avec un deuxième mini-album de cinq pistes à paraître vendredi. Pour l’occasion, elle s’est prêtée au jeu de l’entrevue éclair.

Peux-tu décrire ta prochaine sortie en deux mots?
Libre et métaphorique.

De quelle manière ton nouveau EP marque une évolution dans ton art?
Après la sortie de mon premier EP – No One Changes Overnight –, j’ai voulu aller ailleurs. Les rencontres, les événements, sans me changer complètement, m’ont teintée et m’ont surtout fait comprendre que j’avais le droit de sortir des cases dans lesquelles je m’étais placée. C’est ici que Bridges s’inscrit. Je m’explique : j’ai écrit les chansons de Bridges à l’intérieur d’une assez courte (et intense) période. Les mots et les musiques me font venues, presque urgemment. Il y avait des trucs qui bouillonnaient dans ma tête et dans ma vie, et j’ai eu le besoin autant que l’envie de les jeter hors de moi. Ça donne un EP rempli de symboliques.

En plein milieu du processus, JB Pinard, avec qui j’ai fait l’album, m’a d’ailleurs dit : « Eille, ta chanson, es-tu capable de la vivre plus que de la chanter? J’aimerais entendre ça ». Je ne m’y attendais pas du tout, mais cette question-là est doucement venue modifier mon rapport à ma voix. Comme si j’avais arrêté de chanter avec ma tête à partir de ce moment-là. Quelque chose a débloqué et j’ai finalement laissé ma sensibilité, et ma vulnérabilité (ce grand mot qui me fait peur!), prendre plus de place. Il y a de la (re)construction et de l’abandon là-dedans. Beaucoup de paix aussi. C’était des ponts bénéfiques à rencontrer, ce EP-là.

La pochette du EP

Quel album ou artiste a complètement changé ta façon de voir la musique?
Il y en a eu plusieurs. Très franchement, j’ai traversé plusieurs phases musicales, au fil des ans. Si on m’avait posé la question au moment où j’ai commencé à chanter (j’avais 8 ans), j’aurai répondu Céline. Sans hésitation, aucune! Je trippais tellement dessus qu’à l’école primaire on me désignait souvent comme « la fille qui chante du Céline ». Je me dis qu’il en faut toujours une. À l’école Horizon-Soleil de Saint-Eustache, oh well, c’était moi. Puis, vers 18 ans, je me suis mise au piano, et à ce moment-là, je me souviens d’avoir été profondément inspirée par Ariane Moffatt, que je trouvais tellement libre et puissante derrière son piano. Ça m’a fait réaliser que je n’étais pas obligée de JUSTE chanter. Ça m’aura pris du temps, mais on dirait que je n’avais pas catché ça avant.

Sinon, plus récemment, l’album Twin Solitude de Leif Vollebekk m’a particulièrement marquée. C’est beau de le voir se réinventer et oser les nuances. Ça me parle tout ça.

Quelle est ta chanson préférée à jouer en live?
Hmmm… j’aime toutes les jouer. Celles qui me gossent, je ne les joue plus (haha). Mais si j’avais à en choisir qu’une seule, je dirais « White Walls ». Et surtout en full band. Je me sens comme une grande sorcière-prêtresse-pyromane quand je joue cette toune-là. C’est l’fun.

Sur quelle scène rêverais-tu de jouer plus tard?
Je crois que je rêve plus à des circonstances ou à des moments qu’à une scène en particulier. Je me fous un peu du plancher sous mes pieds ou des murs qui m’entourent si je me retrouve devant un public qui est heureux d’être là et que ça sonne bien dans mes oreilles. Pour le reste, je suis ouverte aux surprises et rêve à quelques voyages, évidemment.

Le EP Bridges sort officiellement demain, vendredi 9 mars, sur toutes les plateformes numériques et aura droit à son lancement le 13 mars au Verre Bouteille. Pour les détails sur l’événement, c’est ici.

– Olivier Dénommée

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