Poète remarquée avec ces deux recueils à l’Écrou (Aux plexus et Fourrer le feu), Marjolaine Beauchamp publie, aux Éditions Somme toute, un premier texte dramatique percutant : M.I.L.F. Elle donne la parole aux mères, celles qui travaillent à tout rompre pour donner à leurs familles le meilleur, et qui parfois se retrouvent avec « rien ». Un texte courageux, abrasif et nécessaire. Elle a accepté de répondre à quelques questions sur son travail.

Pourquoi as-tu décidé de donner la parole aux mères dans ta dernière pièce de théâtre? 

Parce que je voulais disséquer un sujet auquel je m’identifiais.

Parce que je m’intéresse et revendique l’écriture de l’intime comme une forme de littérature au même titre que les autres formes et que la maternité et ce qui lui est périphérique est un sujet riche et qui se renouvelle à toutes les époques.

C’est un sujet riche en silence, contradictions et secret.

Comment abordes-tu l’écriture dramatique par rapport à l’écriture de poésie?

Dans l’écriture dramatique, il y a la conscience d’une éventuelle interaction avec d’autres disciplines.

J’ai l’impression que l’écriture dramatique me pousse à être plus décomplexée sachant tout le « trafiquage » dont va BÉNÉFICIER le texte.

Qu’apporte de différent au langage le genre théâtral, que tu ne retrouves pas en poésie par exemple?

Ces écritures sont pour ma part complémentaires. Dans la progression de ma démarche.

Le théâtre est devenu un langage additionnel. Comme apprendre une nouvelle langue.

L’aspect collectif de la chose est intéressant aussi. Y’a un feel de désacralisation de mon envie d’écrire du théâtre, laisser les univers des autres créateurs interagir avec le mien. Parler à une crowd différente avec leurs attentes, leurs sensibilités. L’idée de ne pas connaître tous les codes académiques de ces disciplines m’aide assurément. J’essaie de ne pas trop intellectualiser ma démarche.

Qu’aimerais-tu dire aux détracteurs (si détracteurs, il y a) sur ton style et ton utilisation de la langue?

Mes détracteurs je ne leur dirais rien, ils ont le droit, il y en a sûrement beaucoup, des fois je les connais. Je leur dirais d’acheter mon recueil et de lire la page 80. S’ils ont déjà mon livre, j’ai quand même un peu le dernier mot.

– Elizabeth Lord

M.I.L.F., Marjolaine Beauchamp, Édition Somme toute, 2018.

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