Photo : Jean Robert Lombart

Auteure-compositrice-interprète originaire de Lanaudière, Andréane Le May réside maintenant à Paris, là où elle a gagné le prix de l’Étoile espoir du journal Le Parisien l’automne dernier. Ne reniant pas ses racines, elle revient pour une petite série de dates au Québec et en Ontario, avant de préparer le lancement de son premier mini-album bilingue, à paraître au printemps. Elle s’est prêtée au jeu de l’entrevue éclair en vue de son passage en sol montréalais, dimanche.

Comment décrirais-tu ton approche musicale?

Un forte volonté de rester la plus authentique possible, de poser les mots qui me semblent les plus justes et la musique qui permet une certaine évasion du quotidien. Le voyage m’inspire parce qu’on prend une distance sur bien des choses, on relativise mieux et on revient à ce qui est important. J’essaie de retrouver le même feeling dans la musique.

En quoi la dynamique est différente entre France et le Québec?

Au Québec, on a un paysage artistique très riche, on a des créateurs incroyables. J’adore ce qui se fait ici, Patrick Watson, Milk & Bone, Les Sœurs Boulay, Les Passagers, Marie-Pierre Arthur… Il y a un très haut niveau musical, de très beaux textes, des voix superbes. Le milieu est très petit toutefois, on n’est que 8 millions de personnes au Québec, et ça donne l’impression de revoir souvent les mêmes visages. C’est sûrement semblable en France aussi, on me dit qu’on voit souvent les mêmes visages, mais j’ai quand même l’impression que puisqu’il y a plus de monde, plus de grandes villes avec une vie culturelle riche, ça donne parfois quelques opportunités supplémentaires. Ils sont près de 65 millions en France en incluant les territoires outre-mer, sur un territoire 5 fois plus petit. Ça a ses bons et ses mauvais côtés, haha! Il y a aussi la proximité avec les autres pays européens. La possibilité d’aller jouer en Italie, en Allemagne, en Belgique… sans grandes complications, c’est génial. C’est pas la même histoire pour aller jouer aux États-Unis. Le fait que ce ne soit pas mon pays, ça change aussi ma vision des choses, c’est certain. Tout est nouveau et inspirant. Peut-être qu’un Français vous donnerait une toute autre description de la dynamique du monde musical en France. Mais de mon point de vue, Paris est une ville cosmopolite où l’on rencontre des artistes de tous les coins du monde, de tous les styles, de passage seulement ou résidant sur place, et ça peut être propice à la création de projets incroyables. Je reviendrai toujours jouer chez nous dans tous les cas, ça me manque toujours le Québec.

As-tu une anecdote mémorable d’un de tes spectacles à Montréal?

J’aime beaucoup les petits lieux intimistes et j’avais joué à l’Aquarium café bar à Montréal en duo avec une amie pianiste-chanteuse, Sarah Marchand, et c’était un concert unique. Je n’ai plus jamais revisité mes compos de cette façon depuis. Je garde un beau souvenir de cette formule très douce et ce petit lieu où nous avons joué.

Quelles influences vont teinter son futur EP?

Je suis fortement influencée par le folk. Joni Mitchell me parle énormément, Carole King, Bon Iver également. Mais aussi quelques touches plus soul. Ça reste une pop très vocale, j’aime beaucoup les nappes de voix, lorsqu’on les utilise pratiquement comme un synthé. J’aime les envolées musicales planantes, celles qui font voyager, planer un peu.

À quoi devraient ressembler tes deux prochaines années?

On ne sait jamais ce qui nous attend et je reste toujours à l’écoute des opportunités de tout genre, mais pour le moment, j’espère lancer un 2e EP au début 2019 et trouver un entourage professionnel pour m’assister dans le lancement de celui-ci. Je compte également voyager en Amérique latine pour quelques mois avant de sortir celui-ci, haha! Et évidemment, on essaie de faire le plus de concerts possible, en Europe et au Canada. Je suis accompagnée de deux super musiciens avec lesquels je compte continuer de travailler longtemps, Antony Soler à la batterie et Florent Gayat à la basse.

C’est votre dernière chance avant quelques mois de voir Andréane Le May sur scène ce dimanche 11 février, dès 20 h au Quai des Brumes à Montréal. Les détails de l’événement ici. Quant au EP à venir, on sait qu’il sera intitulé Take Me Away, et qu’il devrait paraître en avril. Pour ne rien manquer de son évolution, suivez-la sur Facebook.

– Olivier Dénommée

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