Éros est partout. Pas seulement dans votre lit. Le dieu de l’amour et de la puissance créatrice, figure primordiale de la mythologie grecque, a d’ailleurs inspiré le spectacle Eros Journal à David Pressault. Entretien avec un passionné.

Ce n’est pas la première fois que le chorégraphe et danseur s’intéresse à la mythologie grecque ; on se rappellera notamment du solo Tantale ou du spectacle Trois Grâces. « Tout ce qui est mythe, ça m’intéresse beaucoup. Je m’inspire souvent des histoires anciennes qui parlent de la nature humaine. »

Cette fois, c’est Éros qui attire toute son attention. « Mon intérêt est autant mythologique que psychanalytique. Éros est énormément associé à l’érotisme, mais il est aussi relié à d’autres aspects de la passion. C’est cette énergie qui attache les choses, les gens. C’est la passion, comme le jardinier qui va aimer prendre soin d’une fleur. »

Habiller pour mieux dévoiler

Tel un journal qui comporte plusieurs bribes, le spectacle se présente sous forme fragmentée. « C’est un peu inspiré du cat walk. Entre toutes les entrées et sorties des danseurs, Éros va prendre plein de formes. » Peut-on voir le spectacle comme un bilan? « En quelque sorte, oui! Eros Journal, ça peut donner l’impression de jeter un œil sur les éléments importants de sa vie. Le premier baiser, cette autre relation spéciale, cette personne avec qui vous n’auriez jamais pensé coucher… »

Parce que ce qui titille l’un ne fera peut-être même pas sourciller l’autre, Pressault a eu à cœur de montrer les multiples facettes de l’attirance. « C’est vraiment spécifique et même unique à chacun, ce qui est totalement fascinant. J’habille Éros comme on habille les gens dans une parade de mode. » Une sorte de représentation de l’image sociale que beaucoup entretiennent avec férocité. « Quand on se retrouve au lit, en intimité ou en relation avec quelqu’un, c’est à espérer que cette carapace tombe. Je joue beaucoup avec cette idée dans Eros Journal. »

C’est grâce à six danseurs – Angie Cheng, Dany Desjardins, Karina Iraola, Kimberley De Jong, Gabriel Painchaud et Daniel Soulières – que David Pressault explore l’influence d’Éros. Six artistes tous plus différents les uns que les autres. « Je voulais avoir une palette assez grande. C’est plus facile pour les spectateurs de trouver sur scène une énergie similaire à la leur. Que ce soit jaune, rouge, noir, argent… Il y a moyen d’y voir sa couleur. »

Comme Éros, David Pressault n’hésite à préserver une aura de mystère autour de sa proposition. « Je ne veux pas trop en dire… Plus on avance dans la pièce, plus le côté frénétique sera mis de côté pour permettre d’aller plus en profondeur. Et à la fin, il y a une surprise… » Une surprise qu’on n’a malheureusement pas réussi à soutirer à l’artiste. Il faudra aller voir par vous-même!

Mélissa Pelletier

Eros Journal, du 26 octobre au 4 novembre 2017 au Théâtre Prospero. Pour toutes les informations, c’est ici.

*Cet article a été écrit en collaboration avec Danse-Cité.

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