Crédit photo : Caroline Rousseau

Vous êtes-vous déjà demandé ce qui se passe dans les maisons qui longent les rues? Avez-vous déjà jeté des regards furtifs à travers les rideaux un brin trop ouverts? Le metteur en scène Jérémie Niel de la Compagnie Petrus oui, et ça lui a inspiré Elle respire encore, un spectacle entre danse et théâtre qui sera co-présenté par Danse-Cité du 14 au 17 mars à l’Agora de la danse. Entrevue avec un passionné.

Jérémie Niel l’avoue d’emblée : il est plus inspiré par le noir, le pessimisme. « Je veux bien sûr dire dans l’art! Pas dans la vie. Je trouve que le bonheur ne crée pas d’oeuvres artistiques très fortes. À quoi les spectateurs peuvent-ils s’attendre? « À découvrir une microsociété. C’est un groupe d’individus qui essaie de respirer ensemble après une tragédie collective. Face à cet événement, ils se mettent à faire communauté. Ce qui n’était pas nécessairement avant. » Quel genre de tragédie? « Je ne voudrais pas vendre le punch! », lance le créateur en marquant une longue pause. Intrigant, n’est-ce pas?

Sur scène, 13 « danseurs, acteurs, performeurs, musiciens et homo sapiens de tous âges » se partagent l’espace. « Ce sont des interprètes qui ont entre 16 et 84 ans. Selon le personnage qu’ils incarnent, ils seront dans une expression corporelle très réaliste ou plus abstraite. » On le devine déjà, chaque individu aura une réaction différente face au drame. « On travaille beaucoup sur des états de corps, qui sont reliés directement aux émotions de chacun. »

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Dans cette proposition qui s’articule dans le théâtre et la musique, Jérémie Niel laisse aussi une grande place au silence. « Il n’y a pas de texte écrit. On est plus dans une parole, les textures. J’essaie de porter une parole singulière sur le monde. » Pourtant, le chorégraphe insiste : il ne tient pas à faire passer un message aux spectateurs. « Non, vraiment! », lance-t-il en riant. « Ce que j’essaie de faire, c’est de prendre du recul par rapport au monde. J’essaie de voir comment on peut tirer un jus artistique et esthétique de ce monde-là. Je n’ai pas de message politique, par exemple, à faire passer. »

Ce sera donc aux spectateurs de trouver leur chemin à travers la proposition Elle respire encore« Et je crois que certains risquent de s’identifier aux personnages. » Il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter une belle découverte!

Mélissa Pelletier

* Cet article a été écrit en collaboration avec l’Agora de la danse.

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