Crédit photos : ©CathLanglois

Doggy dans Gravel. Déjà, impossible de rester impassible devant le titre tapageur de la nouvelle proposition d’Olivier Arteau à la salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier. Un indice : ce n’est pas que le titre qui est tapageur.

Étoile montante du théâtre québécois, Olivier Arteau a déjà attiré l’attention plus tôt cette année au Jamais Lu avec son texte Pisser debout sans lever sa jupe et en présentant Doggy dans Gravel à Premier Acte l’année dernière. Ça risque de continuer. Doggy dans Gravel, c’est l’histoire de cinq scouts qui se retrouvent dans un après-bal déjanté à Saint-Polycarpe. Cinq jeunes avides de frenchs, de cul, de n’importe quoi d’un peu sexy. À travers eux, Maverick. Un jeune homme troublé, victime de la folie de son temps, qui veut oublier sa virginité au plus vite. Réussira-t-il à trouver « une chatte qui fait ronron » après toutes ces heures à regarder des vidéos de viols sur YouTube?

Doggy dans Gravel from Théâtre Denise-Pelletier on Vimeo.

Avec un sens du rythme impressionnant qui rappelle ceux des vidéoclips, l’auteur, metteur en scène et acteur – il a effectivement dû prendre la place de Steven Lee Potvin, in extremis -, met en place un univers tout à fait fascinant qui aborde de front la culture populaire, l’hypersexualisation et le virage (ou l’envahissement) numérique. Véritables clichés, les personnages dressent un portrait sombre, mais hilarant, de leur génération frénétique.

Si d’un côté on retrouve les scouts et leurs jolies valeurs d’aide et de partage, on ne peut que remarquer l’énorme contraste avec les trois filles de banlieue affectées qui fêtent avec eux. Extrêmement conscientes du regard de l’autre, elles vivent dans l’ombre des modèles de la culture populaire. Peut-on vraiment s’épanouir en prenant des airs de Beyoncé ou Britney Spears toute la journée? Si ces femmes sont de véritables objets sexuels ambulants, certains hommes de la pièce prennent des traits plus efféminés. Ces deux mondes se rencontrent et se heurtent dans une danse belle et triste à la fois. Une danse sur fond techno, s’il vous plaît, question d’ajouter au sentiment d’urgence qui habite la pièce.

©CathLanglois

Excellents, les acteurs rendent à merveille ces pions d’un jeu plus grand qu’eux dans un décor constitué d’un simple champ de blé d’Inde. Choix judicieux, qui laisse respirer une pièce déjà très riche. Entre mimiques très chorégraphiées, introspections senties et tours de chant impressionnants – mention spéciale à Vincent Roy qui s’est mérité une salve d’applaudissements pour son interprétation de chansons qu’on retrouve dans les meilleurs clubs de région -, les comédiens ne manquent pas un temps. Et c’est difficile de s’ennuyer, ne serait-ce qu’une seconde.

Le verdict? On met à son agenda sans hésiter.

Mélissa Pelletier

Doggy dans Gravel d’Olivier Arteau, une production du Théâtre Kata, du 29 août au 16 septembre 2017 au Théâtre Denise-Pelletier. Pour toutes les informations, c’est ici.

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