Inaugurant la saison 2017-2018, le programme double présenté par les Grands Ballets n’est pas passé inaperçu. D’abord, l’affiche de Stabat Mater montrant la danseuse Vanesa Garcia-Ribala Montoya ensanglantée et drapée d’un linceul, illustrant les souffrances de la Vierge et du fils, image forte soit, a suscité un certain tollé et fut jugée trop violente par la STM. Puis, quelques semaines plus tard, la première. Si les avis étaient partagés quant au choix publicitaire, j’oserais dire que tous s’accordaient devant la grâce et la beauté ainsi offertes à nous. C’était beau, c’était majestueux, c’était lumineux.

L’audace du nouveau directeur artistique à la barre de la compagnie, l’Italien Ivan Cavelleri, lui-même ex-danseur étoile, ne peut qu’être salué. En réunissant ses deux œuvres magistrales si distinctes et éloignées, mais proches et liées de par leur transcendance, la troupe a offert un spectacle complet, harmonieux.

Stabat Mater 

Si le texte appartient à une autre époque, la chorégraphie elle est bien ancrée dans la modernité. En effet, Stabat Mater (« la mère qui se tenait debout » en latin) est tiré d’un poème religieux médiéval (rien de moins!) et est devenu plus tard une œuvre emblématique du mouvement baroque grâce à l’aide de Giovanni Battista Pergolesi (1710-1736). La rumeur veut qu’il s’agisse de son ultime composition, complétée peu avant son décès.

Dans une chorégraphie du Roumain Edward Clug, la facture est moderne, contemporaine, l’expressivité poignante, bouleversante. On parle d’un texte qui revisite la passion du Christ, nécessairement ça ne peut être complètement dénué de spiritualité. Toutefois la représentation de la douleur de Marie dans l’épreuve transcende l’iconographie chrétienne. On nous présente une femme tantôt fragile, tantôt forte. On ne tombe pas dans la lourdeur, au contraire l’approche, comme les pas, a plutôt quelque chose d’aérien, de léger. Quoique tragique, cette interprétation, exécutée avec brio, apporte étrangement espoir et paix.

En plus de la qualité des danseurs, soulignons le travail de la soprano Kimy McLaren et de la mezzo-soprano Maude Brunet.

Symphonie no 7

Suivant l’entracte, on nous présente un air plus connu : la Symphonie no 7 de Beethoven. La chorégraphie d’Uwe Scholz, disparu en 2004, un ballet sur pointes plus classique, est exécutée ici sans faille. Des premiers solistes jusqu’à chaque membre du corps de ballet, chaque artiste est tout simplement étincelant et l’ensemble harmonieux. En effet, le groupe, complice, est en parfait synchronisme. On a l’impression qu’ils ont un véritable plaisir à s’exécuter, ce qui renforce cet effet de cohésion.

L’émotion est palpable dans tout le Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts à la tombée du rideau. Les gens semblent tous ravis, impression confirmée à en croire l’ovation qui suit. C’est, selon nous, un pari réussi pour le nouveau directeur.

Mona Lacasse

Stabat Mater et la Symphonie no 7 au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts jusqu’au 28 octobre. Pour toutes les informations, c’est ici.

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