Crédit photo : Raphaël Ouellet

Philippe B à la Cinquième Salle de la Place des Arts. Ça ne pouvait qu’être extraordinaire, n’est-ce pas? Dans le mille. L’auteur-compositeur-interprète nous a offert une soirée de toute beauté.

Si le répertoire de Philippe B est solidement efficace sur album, il s’avère encore plus incontournable en spectacle. Accompagné sur scène par Laurence Lafond-Beaulne (la moitié de Milk & Bone) et de Guido Del Fabbro, l’artiste a livré des versions encore plus douces de ses compositions dans un silence quasi-religieux devant les jolies projections de l’artiste montréalaise Manon de Pauw.

Philippe B nous a informé d’entrée de jeu ; pour ce spectacle, il a misé principalement sur son dernier opus, La grande nuit vidéo, parce qu’il n’est « pas encore tanné » de cet album aux textes forts et imagés (comme l’ensemble de l’offre du monsieur), un opus poétique qui transpire l’amour. Aussi, on s’étonne presque quand il confesse être pudique côté chanson d’amour, avant de préciser qu’il n’est « pas du type Ciccone ou Jean-Pierre Ferland, avec le côté sexy bien appuyé ». On comprend mieux.

Le tour de chant a suivi son court dans la plus grande douceur, entre les Nocturne #632, une des « très nombreuses chansons que j’ai écrit la nuit » ; Archipels, pièce qui met en scène « l’adolescent que j’aurais aimé être. À force de la chanter, je vais peut-être me croire. » ; la prenante Sortie/ Exit, avant de se lancer avec la jolie California Girl.

Déjà l’entracte? Après 40 petites minutes, Philippe B nous a invité à « vaquer à nos occupations de spectateurs en entracte, puisque c’est comme ça que ça se passe à la Place des Arts ». À vos ordres (même si vraiment, on aurait préféré rester dans la petite bulle intime qui venait de se créer)!

Après la pause

Après un entracte aux allures de coït interrompu, Philippe B nous revient là où il nous avait laissé. Si la pause a eu pour effet d’ensommeiller quelques yeux, on retrouve le momentum rapidement dès le deuxième morceau, Anywhere. Difficile de rester insensible en entendant la voix de Lafond-Beaulne. Sa présence lumineuse enjolive certains morceaux du répertoire de Philippe B, de façon efficace, mais sans jamais s’imposer. La complémentarité de leur voix et la richesse des arrangements est saisissante.

La soirée a compté plusieurs moments forts, notons : la pop simple, mais contagieuse, de Nous irons jusqu’au soleil, pièce inspirée par l’artiste Sonia Delaunay, qui a semblé égayé le public si on ose se fier aux chauds applaudissements ; Rouge-gorge, qui dès les premières notes a poussé l’assistance à prendre une grande inspiration collective (faut croire que nous ne sommes pas les seules à avoir un faible pour cette magnifiques balade en crescendo) ; L’amour est un fantôme, possiblement « la chanson la plus lente de mon répertoire, ce qui n’est pas peu dire » (lente peut-être, mais ô si sublime, surtout live) d’ajouter l’auteur-compositeur-interprète ; et finalement l’intro un brin intergalactique de La grande nuit vidéo. Une belle soirée sans contredit, qui s’est terminée en beauté avec une pièce «d’un auteur- compositeur prometteur», réinterprétée sur l’album hommage à Richard Desjardins, Y va toujours y avoir.

Vous aimez déjà la musique de Philippe B? N’hésitez pas à aller le voir en spectacle si ce n’est pas déjà fait. À l’aise sur scène, l’artiste arrive à créer une ambiance des plus intimes et intenses, tout en ajoutant une légèreté avec ses répliques sarcastico-cocasses (ça y est, on en invente des mots). Bref, mission réussie et chapeau Philippe B. À une prochaine!

Mona Lacasse et Mélissa Pelletier

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