Crédit photos : Alex Paillon

Qu’est-ce qui peut expliquer la violence familiale? C’est la question que s’est posée Mohsen El Gharbi dans le solo Omi Mouna (ou ma rencontre fantastique avec mon arrière-grand-mère) présenté en ce moment au MAI (Montréal, arts interculturels).

Bande Annonce – Omi Mouna au MAI – oct 2017 from Mohsen El Gharbi on Vimeo.

Il y a de ces ancêtres qui nous fascinent par leur vie si différente, et qui façonnent la nôtre par le poids de leurs actions. Pour Mohsen El Gharbi, cette forte influence porte les traits de son arrière-grand-mère, ou plutôt d’Omi Mouna. Il en aura parlé dans son documentaire, Le secret d’Omi Mouna, et maintenant, il aborde le sujet sur scène.

Créant lui-même tous les personnages, les décors et la musique par son seul talent, le dramaturge et comédien part à la recherche de la vérité, de sa vérité. Le récit improvisé commence en force lorsque l’artiste part retrouver son arrière-grand-mère centenaire en Tunisie avec son meilleur ami Xavier pour aller faire un film sur sa vie. Elle, perplexe, ne comprend pas du tout l’intérêt. Pourtant, tout l’intérêt y est.

Entre son mariage trop jeune avec Barbe Grise, un homme violent, sa bordée d’enfants qu’elle « regarde pour qu’ils grandissent » et son instinct de survie, Omi Mouna a des airs d’héroïne du passé, dont la vie ressemble pourtant sûrement à celles de toutes les femmes qui l’entourent.

Pas de plaisir qui tienne dans cette existence triste et fade, dont Mohsen sera témoin du début à la fin. Comment? En devenant une ombre dans la vie de son arrière-grand-mère, comme transporté dans le récit de sa vie, dans le passé. Idée ingénieuse. Une immersion qui changera tout : plus question d’une approche superficielle de l’existence de son arrière-grand-mère. Si on dit qu’il faut marcher dans les souliers de quelqu’un pour le comprendre, ça ne fait certainement pas de tort de marcher à ses côtés.

Charmant, envoûtant, drôle, El Gharbi arrive à tenir son public en haleine jusqu’à la fin, malgré quelques petites longueurs et maladresses ici et là dans le récit du casse-tête qu’est la vie de ses ancêtres. Brisant régulièrement le quatrième mur, l’artiste se moque parfois de ce qu’il raconte ou même de lui-même. « Au moins, vous aurez appris quelque chose ce soir », lance-t-il en nous apprenant la technique de son arrière-grand-mère pour éplucher plus facilement les pommes de terre. Clairement, les salves d’applaudissement l’ont fait mentir.

Mélissa Pelletier

Omi Mouna, du 10 au 14 octobre 2017 au MAI (Montréal, arts interculturels). Pour toutes les informations, c’est ici.

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