Crédit photos : Justine Latour

L’amour. Toute une bête à laquelle s’attaquer. Comment en parler sans tomber dans les clichés? Est-ce possible d’expliquer ce charmant phénomène? Ça n’a toutefois pas fait peur à la compagnie Artiste inconnu dirigée par Nicolas Berzi, qui a plongé pied joint dans le sujet avec la proposition Mythomania, présentée en ce moment à La Chapelle. Retour.

Seule sur scène, la comédienne et pianiste Livia Sassoli entonne un air triste, prenant. Occupant le coin droit de l’espace, elle fixe l’installation scénique, un triangle fait de voiles légers et vaporeux, dans lequel clignote un cube au gré de l’action. À la fois coffre à trésors, fenêtre sur le passé, cadre à photographie et écran, l’outil sert le propos avec justesse tout au long de la pièce. Bases importantes de l’oeuvre, la scénographie et la conception de Jean-François Boisvenue deviennent de véritables agents de la performance, volant même presque la vedette au texte.

La table est mise pour aborder le mythe de l’amour de tous bords, tous côtés. Quatre volets bien définis se dessinent vite. Ça passe par la mythologie grecque, le conte, l’amour virtuel et la rationalisation plus scientifique du phénomène. Véritable voyage autour du concept même de l’amour, Mythomania peut se targuer de ratisser large. Peut-être un peu trop?

C’est ce que c’est loin d’être évident d’assurer un ton juste à travers toutes les facettes de la proposition. Intense, l’interprète a parfois des airs de femme-enfant, se transformant ensuite en femme fatale, ou même en présence inquiétante. Si on assiste à des moments de pure beauté – le début de l’histoire d’amour d’Alex et Alex, le cheminement de l’enfance à la dure réalité de l’âge adulte, etc -, on a aussi droit à des moments un peu moins réussis. Le passage sur les théories scientifiques entourant l’amour est intéressant, certes, mais semble désincarné, en rupture avec le propos beaucoup plus doux, et presque mielleux, du début de la pièce.

Après Peep Show et Héroïne(s), Mythomania impressionne par son ambition, par la richesse du propos et par un habillement sonore et visuel plus que pertinent. On sort de La Chapelle des questions plein la tête. L’amour est-il vraiment possible? Rien n’est moins certain. L’espoir lui, demeure.

Mélissa Pelletier

Mythomania à La Chapelle, du 16 au 25 novembre 2017. Pour toutes les informations, c’est ici.

BABILLARD : Un événement à annoncer? Une formation dans le milieu culturel à faire découvrir? Envie de jammer avec des artistes de feu? Une offre d’emploi? Un autre truc à partager? C’est ici que ça se passe, maintenant, pour partager avec les lecteurs des Méconnus!

À DÉCOUVRIR AUSSI :