Au cœur de la forêt vit un curieux petit animal.
Il n’en existe pas deux comme lui.
Je vais vous raconter son histoire.

— Oh, une histoire sur moi? »

C’est avec ce sympathique dialogue que commence L’histoire de la petite bestiole. La narratrice paraît tendre et attentive, le ton est léger, la bestiole, plutôt charmante. L’aventure commence et, assez vite, la bestiole devient de plus en plus exigeante. Il lui manque tout d’abord un ami. Un ami de la ville, plus spécifiquement. D’ailleurs, tant qu’à faire, la bestiole aimerait aller en ville. Et à vélo plutôt qu’en trottinette. Et que se cache-t-il dans ce bâtiment? Une école? Comme c’est intéressant! Non, non, elle n’ira pas plus loin, c’est ici qu’elle veut aller. Charmante, cette bestiole, vraiment? Le lecteur en vient vite à douter! Pas facile en fait de concilier une narratrice et son histoire avec un petit être épris de liberté, turbulent et désobéissant…

– Si tu retournes de ton côté, je te redonne ton crayon et je poursuis l’histoire, d’accord?
– Oui, je vais être sage, promis!
– Méfie-toi, car moi aussi j’ai un crayon. Et je pourrais dessiner… UN DRAGON!
– Ça ne me dérange pas. Je vais dessiner un monstre encore plus grand qui va dévorer ton dragon. »

L’histoire de la petite bestiole est écrite et dessinée avec beaucoup d’humour et de bienveillance, dans un style léger qui plaira sans conteste aux enfants et aux adultes, stimulant l’imagination de chacun. Le côté inclusif et participatif du récit le rend particulièrement unique dans le paysage littéraire enfantin. En effet, récit qui se raconte, s’interprète et s’invente avec les jeunes, L’histoire de la petite bestiole permet de créer un moment de lecture et de partage dynamique, créatif et terriblement amusant. On aime beaucoup le jeu de couleurs dans les bleus et gris, donnant un ton onirique renforcé par l’étrange allure de la petite bestiole, entre lapin et souris, qui n’est pas sans rappeler le Chat botté avec ses bottines qui le font voyager d’aventures en aventures…

Écrit par Caroline Merola, qui a reçu le Prix du Gouverneur Général en 2011 pour Lili et les poilus, et plus récemment lauréate du Prix Peuplier (2016), et à qui l’on doit plus de 40 livres, L’histoire de la petite bestiole est une belle réflexion, drôle et malicieuse, sur la création artistique. Elle peut aussi bien être lue en famille qu’utilisée à l’école pour développer l’imagination des plus jeunes.

Annick Lavogiez

L’histoire de la petite bestiole, Caroline Merola, La courte échelle, 2017. À partir de 5 ans.

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