La Société des Arts Technologiques (SAT) accueille nombre de projets innovateurs dans le domaine des arts numériques. Avec Les Planètes, on retourne de quelques décennies dans le passé du compositeur Walter Boudreau avec son morceau éponyme. Soirée haute dans le ciel de la satosphère.

Les Planètes from Society for Arts and Technology on Vimeo.

Yan Breuleux, professeur au centre NAD et artiste, présente le spectacle à venir avec fébrilité. Il est celui qui anime le piano-lumière, concept générant un visuel correspondant aux partitions. La courte représentation de 45 minutes se compose d’une pièce de Beethoven, une autre de Debussy, puis enfin Les Planètes de Boudreau. C’est la pianiste Louise Bessette qui interprète la composition.

Une assez grosse césure coupe la première partie (Beethoven et Debussy) de la pièce éponyme et tant attendue (Boudreau). Cette introduction en deux temps de compositeurs classiques apporte son lot de questions. Peut-être fallait-il allonger la durée du spectacle. Les cerisiers en fleurs en visuel sur le dôme procurent toutefois un apaisement avant de s’attaquer à la pièce de résistance.

L’idée de la performance, lorsqu’on la lit, attise tout de suite la curiosité : « Concert immersif en temps réel dans une nouvelle interprétation visuelle et sonore extraordinaire ». Des attentes se créent rapidement alors que la SAT et son dôme forment un monde des possibles et que l’imagination se lance dans le jeu. L’interprétation visuelle, par contre, ne rejoint pas lesdites attentes. Le piano-lumière, idée brillante et tout de même vieille de quelques siècles, n’apporte qu’un aspect visuel en particulier ; des formes répétitives s’enchaînent dans un ballet redondant (pilules, spaghettis, cônes, feux d’artifices). Les couleurs également varient peu (jaune, rouge, bleu). Il est facile de tomber dans le piège de la contemplation et de laisser échapper son attention.

En revanche, le côté immersif du dôme en 360 degrés rehausse l’intérêt du projet. C’est tout de même une idée forte qui n’est peut-être pas menée à son plein potentiel, surtout en comparant aux artistes de la relève en arts numériques qui accomplissent souvent des petits chefs-d’œuvre en collaboration avec la SAT. Les Planètes devient un de ces défis risqués qui laisse un peu sur sa faim.

Victor Bégin

Les Planètes, Yan Breuleux, Louise Bessette, Walter Boudreau et Rémi Lapierre, à la SAT jusqu’au 2 mars 2018. Pour toutes les informations, c’est ici.

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