Montréal, une nuit d’été chaude et humide. Sur la rue Sainte-Catherine, coin Saint-Laurent, deux adolescents qui sortent d’un concert punk rock au Club Soda partagent un soda. Mag, 19 ans et Théo, 18 ans. C’est son anniversaire. Mais pour fêter sa majorité, il ne sort pas dans un bar avec des amis ; il fait l’amour avec une inconnue. Une inconnue pour qui dans l’espace de deux semaines un amour tendre et complice se développe. Un amour adolescent qui déchire les coeurs fragiles. Un amour d’été qui ne verra pas l’hiver.

Pascal Plante et sa productrice Katerine Lefrançois n’en sont qu’à leur premier long-métrage. Un film réalisé avec très peu de moyens, financé en grande partie par la maigre bourse du programme Talents en Vue de Téléfilm. Pourtant c’est un film percutant qui en ressort, un film qui se mérite d’être présenté à la 68e Berlinale dans la catégorie Génération.

Ce qui fait la puissance émotive des Faux tatouages, c’est les deux protagonistes. Une complicité sincère et attachante se dégage des acteurs et transparaît chez leur personnage. Le jeu parait d’autant plus naturel par la caméra épaule qui filme en plan séquence les scènes teintées d’humour et de candeur. Peu d’information nous est donnée sur leur situation, mais peu importe. Ce qui compte pour le spectateur et les personnages c’est ici et maintenant. On veut passer le plus de temps possible avec eux, à les voir s’aimer, même si ce n’est que pour deux semaines à la fin du mois d’août.

Au-delà de l’histoire, il est remarquable de constater qu’un grand film peut se réaliser avec peu de moyens. Dans une industrie ou un million est considéré comme low budget, produire un film avec un peu plus de cent mille dollars c’est du domaine de l’absurde. Mais c’est ce qui se fait de plus en plus au Québec et au Canada, entre autres grâce aux bourses de micro-budget octroyées par Téléfilm. Et il est rassurant de voir que malgré un budget amoindri, un réalisateur de talent jumelé à une équipe de production chevronnée parvient à créer de grandes oeuvres.

On ne peut qu’espérer en voir plus de Katerine Lefrançois et Pascal Plante. En sortant les enjeux dramatiques du domaine de la famille et des relations toxiques, ils apportent un vent de fraîcheur au cinéma québécois. Nul besoin d’une relation mère-fils dysfonctionnelle pour faire pleurer les spectateurs. Deux jeunes punks qui s’aiment font l’affaire.

Anthony Dubé

Les Faux Tatouages sera en salle au Québec à partir du 16 février 2018.

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