Crédit photo : Guzzo Desforges

Pour son volet Traces-Chorégraphes, la compagnie de création Danse-cité a accueilli cette année un duo de chorégraphes, David Albert-Toth et Emily Gualtieri. C’est un quintette de danseurs qui pendant une heure se dévoile au public et montre, par la sensibilité ou le sarcasme, la contradiction humaine dans La vie attend.

Briser le quatrième mur

Un homme qui remercie maladroitement le public d’être là. Stressé, perturbé, c’est un des interprètes qui débute la pièce et qui place directement l’audience au cœur de la création, brisant ainsi le quatrième mur. Entre rire et malaise, le petit monologue de l’interprète pose un regard humoristique sur la pièce elle-même en expliquant la sacralité de la scène et la mise en place de cette œuvre pendant « fucking deux ans ».

Après son intervention, on rencontre alors un boys band un peu quétaine qui parodie une comédie musicale. Entre théâtralité et comique, les interprètes nous lancent alors sur la piste du rire, mais ce, pour peu de temps.

À plusieurs reprises, les interprètes interviennent par la parole, parfois pour promouvoir la pièce, tels des orateurs, des prêtres de la danse contemporaine, extrapolant les effets de cette dernière sur les questions existentielles et les bienfaits de celle-ci. Parfois, c’est un ton plus lourd et plus intime qui ressort, où le doute et la peur « d’être plate ou d’être extraordinaire » sont verbalisés de façon crue et sincère.

C’est en promouvant le spectacle d’ailleurs que la création se termine, laissant une image finalement froide et réflexive pour le public.

Les contradictions humaines au cœur de la création

Pendant une soixantaine de minutes, les cinq interprètes expriment les diverses relations entre eux, de vainqueurs à adversaires en passant par témoins et ennemis. C’est toute une panoplie d’émotions que les chorégraphes ont voulu explorer. C’est l’éventail de sentiments humains qui s’étend devant nous, entre la parole et le mouvement.

Gestuellement, on a pu voir des contrepoids, des relâchements et des contractions pour exprimer l’ampleur de ces contradictions humaines. Lorsqu’un interprète s’exprime en mouvement, les autres le fixent, puis s’unissent à lui, entrant et sortant de la phrase chorégraphique, répétée à plusieurs reprises. Comme dans la vie.

Entre amour et haine, les duos se font et se défont, les trios s’unissent et se détruisent, proposant à l’audience d’être une sorte de voyeur de l’intimité de chacun. Toujours témoins, toujours présents, les cinq danseurs se regardent, mais fixent aussi le public, comme désireux de le faire participer à cette activité d’émotions. Être jugé, se rendre, juger, se débattre, s’écraser, être unis. Ce sont tous ces verbes que les artistes mettent en corps et en mots et avec lesquels ils jouent sur scène, prenant le public à témoin.

Intéressant par la mise en scène et le propos des deux chorégraphes, le spectacle est encore présenté les 29 et 30 septembre et les 4,5,6,7 octobre à 20h à La Chapelle.

Léa Villalba

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