C’est après deux ans d’absence que les chorégraphes Florence Brais et Alexandre Carlos ont décidé de remonter un grand projet pour groupe semi-professionnel et créer un tout nouveau spectacle : Emprise.

Choisies lors d’une audition annuelle, ce sont vingt-six jeunes filles qui ont eu le privilège de participer à un stage intensif de onze semaines encadrées par le duo d’artistes. Dans un désir d’inspirer, de questionner et de toucher le public, c’est donc un défi pour les interprètes, mais aussi pour les chorégraphes de créer un spectacle de toutes pièces, une production unique qui met de l’avant la relève artistique. Retour sur une soirée romantique, pleine d’émotions!

Qualité technique professionnelle

C’est pendant une heure sans entracte que les vingt-six jeunes filles se sont données corps et âme pour interpréter les 18 chorégraphies des artistes. 18 numéros qui s’enchaînent sans interruption et qui forment chacun des petits tableaux, des histoires à comprendre et à ressentir, grâce au mouvement. Amoureux de la contraction et du relâché, le duo de chorégraphes a offert de très beaux arrêts chorégraphiés, des moments d’improvisation guidée et aussi et, surtout, de la technique et des belles lignes.

Inspirés tout deux par l’esthétique du ballet, mais aussi, et surtout, par un aspect plus lyrique du contemporain, on reconnaît facilement au fur et à mesure des pièces leur empreinte unique et leur écriture chorégraphique. Des sauts virtuoses, des tours de qualité et des jambes qui lèvent, le tout accompagné par des passages au sol, des pieds « flex » contemporain ou encore des spasmes et des courbes esthétiques

Les interprètes ont alors à assumer un niveau technique élevé, certes, mais aussi une production digne d’une création professionnelle. Elles ont dû surmonter des défis, autres que la danse, comme transformer elles-mêmes le décor, parler sur scène, jouer des émotions fortes comme l’abandon, la peur ou encore de la mort.

Lyrisme sombre, mais assumé

À la lecture du programme, le ton était déjà donné. Emprise est une création qui évoque la perte de contrôle, la crainte, le sentiment d’angoisse qui ronge. Avec des parties dénommées « Cloitrées », « Peur », « Vertige », « Échec », « Violence » ou encore « traumatisme », il est certain qu’on ne s’attendait pas à rire.

Les musiques aux sonorités sensibles et aux paroles tristes se sont alors enchaînées. James Bay, Colplay, Adele, Tom Odell et j’en passe, ont su ravir les amateurs de douces mélodies et de belles voix.

Mimer un suicide, une dépression ou la perte d’un proche: des sujets lourds que les chorégraphes ont voulu mettre en avant par la danse. Entrecoupés par deux ou trois chorégraphies plus légères, joyeuses et encourageantes, on pourrait alors leur reprocher cette noirceur.

Cependant, la gestuelle recherchée, les attitudes théâtrales et la mise en scène ont été élaborées pour cette thématique, qui a été très finement traitée. De plus, c’est sur une finale souriante et touchante que s’est close la soirée.

Nous avons donc assisté à un spectacle très bien monté, digne d’une compagnie professionnelle, où les amateurs de romantisme, de lyrisme et de technique de danse ont dû être ravis, et très touchés. Les spectateurs ont rempli le Théâtre Marcellin-Champagnat, causant même 15 minutes de retard au spectacle. Tous debout à applaudir chaleureusement ces vingt-six jeunes filles, danseuses en herbe déjà préparées à entrer dans le monde professionnel de la danse contemporaine.

Léa Villalba 

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