Bien huilé de son Grand Prix au Festi Jazz de Rimouski et du prix François-Marcaurelle à l’OFF Jazz en octobre dernier, le Hichem Khalfa Quartet nous fera don, le 10 mars prochain, de son deuxième album, Réminiscences, deux ans après la parution bien reçue d’Histoires sans mots. Composé de Hichem Khalfa à la trompette/composition, de Jérôme Beaulieu aux claviers, et plus récemment de Jonathan Arseneau à la basse et de Dave Croteau à la batterie, des noms qui commencent à s’installer durablement sur la scène jazz montréalaise, le quatuor est en pleine éclosion alors qu’une série de spectacles s’organise pour l’automne en sol européen.

Dans le style tonne de brique, ou araignée géante, Réminiscences étend ses pattes agiles dans bien des plates-bandes sans faire de faux pas (ou presque). Son port d’attache peut se décrire comme un élégant hard bop à saveur orientale qui n’est pas sans évoquer Snarky Puppy ou encore les plus récentes propositions de BadBadNotGood, et, on va se le dire, les gars ont le talent et assez de odd meters pour que de tels rapprochements soient permis.

Hichem Khalfa / Photo : Éric Berteau

Dès l’ouverture, la formation diversifie ses sonorités en empruntant au hip-hop, comme la tendance l’exige, puis repose nos oreilles avec des textures éthérées minimalistes qui plairont beaucoup. Le quatuor prouve alors qu’il est autant chez lui dans la virtuosité pyrotechnique de « Years Later » que dans les atmosphères presque surréelles de « Kokiri », quoiqu’un mixage plutôt inégal empêche une immersion complète. On sent qu’une volonté de paraître au naturel aurait muté en un genre de laxisme dans la production qui se dénonce dans les segments moins denses. Dans la même veine, un développement plus ample des textures électroniques – au-delà de la reverb à l’envers – pourrait envelopper davantage les passages plus cinématographiques.

Le quartette demeure toutefois éblouissant, autant par sa précision chirurgicale que par son sens du récit musical, dont la plupart des étapes sont solides et harmoniquement émouvantes. Va donc faire un tour à l’O Patro Vys le 15 mars pour avoir ta dose de phrygien avant que leurs autographes se vendent plus cher que le suaire du Christ.

– Nathan Giroux

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Réminiscences, mis en vente officiellement dès le vendredi 10 mars 2017
Événement Facebook du lancement

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