Le conseil de la semaine, c’est un peu pour donner au suivant, pour écrire ce que Julie Gauthier aurait bien aimé lire quand elle était seule à son bureau de directrice générale de la coopérative Paradis (dans un vieux cinéma froid où la neige rentrait l’hiver), poste dans lequel elle portait tous les chapeaux: c’est elle qui posait l’abri tempo, qui gérait un débordement de toilette un 25 décembre et qui n’avait qu’une pomme et une orange pour Noël (seul le dernier item est fabulé). Aujourd’hui artiste (cinéaste-scénariste à temps partiel), directrice du Conseil de la culture du Bas-Saint-Laurent et à la vice-présidence du Réseau des conseils de la culture du Québec, Julie a envie de partager son savoir avec tous les travailleurs culturels et artistes de la relève qui ont besoin d’un coup de pouce pour le côté le plus plate (ou pas?) de la force : financement, développement de projet, marketing… Name it! À suivre tous les lundis.

Le « social loafing » ou la flânerie sociale est un des effets négatifs d’une dynamique de groupe. Ce fléau se produit parce que généralement, un être humain normalement constitué fournit un effort moins grand en situation de groupe que lorsqu’il est seul à conduire la barque, ou autrement dit, quand il doit répondre seul de ses actes. Selon Estelle M. Morin et Caroline Aubé, les auteures de Psychologie et management spécialisées dans le phénomène, cette maladie contagieuse découle de l’une ou l’autre des situations suivantes :

Le Free Riding : La tentation de profiter de l’anonymat d’un groupe

Ça arrive quand les réalisations de chacun ne peuvent pas être identifiées. Personne ne sait qui fait quoi, donc personne n’accuse personne pour le travail mal fait. Dans la plupart des organisations culturelles, la petitesse des équipes fait que nous savons plutôt vite qui a laissé passer LA DATE de demande de subvention pour l’entente sur trois ans (oui oui, la date qui arrive juste une fois au trois ans).  Cela peut cependant se produire dans un contexte de festival par exemple, où il y a une armée de bénévoles sur le terrain.

Le Succer Effect : l’effet de ventouse

L’effet ventouse se produit quand un individu croit qu’il travaille beaucoup plus que les autres et décide de baisser un peu le régime.

Le Felt Dispensability : L’impression de ne pas être indispensable

Quand une personne ne croit pas que sa contribution est indispensable à l’équipe ou que son apport individuel n’est pas nécessaire, il risque de réduire son apport au sein de son équipe.

Sur le terrain, la flânerie sociale déstabilise une équipe de travail. Elle se traduit par la décision par l’un ou plusieurs des membres de l’équipe de laisser faire une partie de son travail par les autres. Évidemment, il en découle frustration, déception, crise de nerfs et potentiellement, burn out. Surtout pour celui qui écope du travail de monsieur « Felt Despensability » et de la baisse de régime de madame « Succer Effect » et du boulot de tous les petits « Free Riding » qui croient que personne ne se rend compte qu’ils passent leurs journées sur Facebook à regarder des vidéos de chats.

La chaîne est aussi forte que le plus faible de ses maillons, c’est pour dire à quel point, il est important d’éradiquer la flânerie sociale.

Quelques trucs de Morin et Aubé pour diminuer la flânerie sociale au sein d’une équipe :

    • Préciser le rôle et les responsabilités de chacun.
    • Décomposer les objectifs communs en objectifs individuels.
    • Valoriser et récompenser les contributions de chacun au travail collectif.

Tout le monde va être plus heureux dans son travail, promis juré.

Julie Gauthier (qui blogue aussi ici!)

Un événement à annoncer? Une formation dans le milieu culturel à faire découvrir? Envie de jammer avec des artistes de feu? Une offre d’emploi? Un autre truc à partager? C’est ici que ça se passe, maintenant. Remplissez le formulaire pour partager avec les lecteurs des Méconnus!

À DÉCOUVRIR AUSSI :