Le conseil de la semaine, c’est un peu pour donner au suivant, pour écrire ce que Julie Gauthier aurait bien aimé lire quand elle était seule à son bureau de directrice générale de la coopérative Paradis (dans un vieux cinéma froid où la neige rentrait l’hiver), poste dans lequel elle portait tous les chapeaux: c’est elle qui posait l’abri tempo, qui gérait un débordement de toilette un 25 décembre et qui n’avait qu’une pomme et une orange pour Noël (seul le dernier item est fabulé). Aujourd’hui artiste (cinéaste-scénariste à temps partiel), directrice du Conseil de la culture du Bas-Saint-Laurent et à la vice-présidence du Réseau des conseils de la culture du Québec, Julie a envie de partager son savoir avec tous les travailleurs culturels et artistes de la relève qui ont besoin d’un coup de pouce pour le côté le plus plate (ou pas?) de la force : financement, développement de projet, marketing… Name it! À suivre tous les lundis.

Bon, j’ai réussi à attirer votre attention. Votre doigt était déjà tremblotant au-dessus du bouton partager, prêt à lancer dans l’univers un billet probablement aussi sulfurique qu’un article de Richard Martineau… pas de chance. (Bon, vous pouvez toujours partager ce simulateur d’invités de Denis Lévesque si vous êtes trop déçu.

Dans mon dernier billet, je parlais du phénomène de la normalisation dans un groupe, une autre des formes de l’influence sociale qui réside dans la conformité (quand la majorité exerce son influence sur la minorité). Une autre notion terriblement angoissante, je vous l’accorde.

L’affiliation à un groupe s’accompagne inévitablement de la socialisation. En s’intégrant à un groupe, les gens subissent des pressions sociales, réelles ou imaginées, qui les amènent à se conformer aux attentes du groupe, c’est-à-dire à adopter des patterns en bon français.

Modifier sa conduite ou son attitude pour l’harmoniser avec celle du groupe, c’est ce qu’on appelle se conformer. Encore une fois ici, la conformité peut se produire sans même que les membres du groupe ne soient conscients de son influence. La conformité implique que quelqu’un change d’opinion pour appartenir à un groupe, donc qu’il cède sous la pression sociale pour être accepté. L’apparition de la conformité nécessite trois conditions :

  1. Une position de groupe fortement intériorisée par ses membres et activement partagée par chacun.
  2. L’existence d’un critère vérifiable ou d’un consensus très fort concernant une croyance, une attitude ou une conduite.
  3. Le fait que l’individu n’a pas encore pris position sur la question.

Plusieurs facteurs peuvent influencer votre tendance ou non à la conformité.

  • Les caractéristiques personnelles (votre niveau d’estime de soi, être extra ou introverti) : Si vous n’avez pas confiance en vous, vous risquez fort de vous conformer plus facilement au groupe. Petit mantra pour vous : « T’es beau/belle, bon/bonne et capable.  »
  • Les caractéristiques du groupe (la taille, l’influence, son degré d’attraction) : Un groupe très respecté, très influent va susciter plus de conformité en son sein. Par exemple, si vous décidez de devenir choriste pour les Rolling Stones, c’est très possible que vous vous mettiez à prendre de la drogue ou à magasiner vos préarrangements funéraires (ben ils ne sont plus jeunes jeunes, tsé).
  • La relation de l’individu avec le groupe : Un groupe qui a beaucoup de valeur à vos yeux suscitera un plus grand désir de conformité. Si, par exemple, vous êtes ami avec tout le monde sur votre conseil d’administration ou dans votre groupe de travail, vous risquez de prendre des décisions muées par le désir de vous conformer pour éviter les conflits plutôt que par pure logique.

Évidemment, tout concept a ses beaux et ses mauvais côtés :  la conformité facilite l’adaptation, permet d’être accepté, valorisé et même de rêver de vous joindre à un groupe de rock de septuagénaires dont la mort a définitivement perdu le dossier entre deux coussins de son divan. Du côté sombre de la conformité, nous retrouvons par contre une réduction des possibilités d’innovation et d’expression de l’individualité. À long terme, la conformité nuit à l’efficacité du groupe et de l’individu en empêchant la prise en compte de solutions de rechange peut-être même meilleures que la solution proposée par la majorité.

Julie Gauthier (qui blogue aussi ici)

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