Peut-être êtes-vous déjà tombé sur des textes de Martin Gignac? Critique cinéma détenteur d’un baccalauréat en journalisme de l’Université du Québec à Montréal, il participe notamment au journal Métro et passe bien du temps à travailler sur son blogue personnel : Requiem pour un film. Pour notre plus grand plaisir, il a décidé de transposer sa passion pour le cinéma d’ici et ses créateurs dans un livre intitulé: Arrêt sur l’image : 41 portraits de cinéastes québécois, premier projet pour les éditions Requiem pour un livre.

C’est lors du Ciné-bazar de l’agence de presse Médiafilm, tenu le 4 février dernier, que l’œuvre a été présentée pour la première fois. Un travail de près de deux ans qui s’est mis en branle non sans heurt: « Le temps de faire toutes les entrevues avec les sympathiques cinéastes d’ici, de perdre notre éditeur principal et d’essayer d’en trouver un autre. Tout le monde disait être intéressé par le projet… Mais personne ne veut dépenser de l’argent pour un livre. Certains se disent que c’est mort, qu’Internet a pris la mesure de tout. Tant qu’à accepter que mon projet meure sur mon disque dur, j’ai décidé de créer ma propre maison d’édition. »

On trouve dans l’œuvre des doyens comme Michel Brault et Micheline Lanctôt qui côtoient de plus jeunes artistes tels que Anaïs Barbeau-Lavalette et Xavier Dolan. Tous s’ouvrent sur leurs visions, leurs parcours, leurs influences et bien sûr, sur le financement, parfois si avare et cruel pour les créateurs. « Je voulais quelque chose de représentatif : on reste dans la fiction. Selon moi, plusieurs cinéastes ont marqué le cinéma québécois, sont en train de le marquer ou vont assurément le faire.»

Dans l’index, pas d’ordre précis. Au lieu d’y aller de la primaire liste alphabétique, Martin Gignac y a été d’un désordre contrôlé : « Un vieux, un jeune, une femme, un homme, cinéma plus commercial, cinéma plus hermétique pour ne pas que le lecteur ait l’impression, après trois ou quatre portraits, de lire toujours la même chose. » Les influences générales des cinéastes québécois choisis sont principalement européennes et étatsuniennes et sont encore très envoutés par des réalisateurs comme Ingmar Bergman, Andreï Tarkovski, Francis Ford Coppola et Martin Scorsese. « Dans l’esprit de plusieurs personnes, les influences sont nécessairement dans les années 60 et 70. Il y a une espère de cassure dans les années 80 où l’on fait un cinéma plus commercial, que ce soit aux États-Unis, en Europe ou au Québec. » De ces rencontres, quelques moments de pur bonheur pour le critique qui a pu entrer dans l’intimité d’artisans comme Robert Morin ou André Fortier, qui lui a même cuisiné des œufs !

La préface est réalisée par Roland Smith, propriétaire du Cinéma du parc depuis quelques années, que Martin Gignac décrit comme « quelqu’un qui connaît le cinéma québécois depuis à peu près ses premiers balbutiements modernes jusqu’à maintenant, une personne très colorée, avec un sens inné du verbe et du point. » Le livre Arrêt sur l’image : 41 portraits de cinéastes québécois, est présentement disponible dans quelques librairies. N’hésitez à visiter le site Requiem pour un livre, pour en savoir plus.

-Julie Lampron