L’image utilisée pour présenter la pièce / Crédit : The University of Tokyo

Dès l’entrée en salle du public, les acteurs prennent place derrière une table surchargée d’objets de toutes sortes : mélangeur, boîte à lunch, humidificateur qui diffuse de l’encens, Macbook, etc. Derrière eux, un tableau où ils inscriront le plan et l’ordre du jour. Le but de convier le public à « La Conférence »? Parler du processus de création de la comédienne Raphaëlle Lalande, en compagnie de ses deux acolytes Éric Bernier et Karine Gonthier-Hyndman.

L’auteure Amélie Dallaire / Photo : Monic Richard

En fait, c’est du processus de création de l’auteure et comédienne Amélie Dallaire qu’il s’agit, celle qui nous a offert « Queue cerise » en 2016 au Théâtre d’aujourd’hui. L’absurdité et l’humour, chers à l’auteure, caractérisent cette performance théâtrale. La ligne directrice, c’est-à-dire aborder la création, devient un prétexte pour partir dans tous les sens. De la création artistique, la comédienne Raphaëlle Lalande s’interroge sur la création de l’univers (le fameux Big Bang) avant d ‘être ramenée à l’ordre par ses partenaires pour parler du réel enjeu de cette rencontre avec le public. Elle aborde également les prémisses de sa propre réflexion artistique, alors qu’enfant, elle mettait en scène du théâtre d’insectes. Ce passage est carrément hilarant, tout comme les absurdités qu’elle demande au public de commettre (lever au-dessus de nos têtes un objet quelconque et rester postés ainsi un bon cinq minutes, naïfs et un peu niais). Ce passage démontre une belle réflexion sur le rôle du public auquel elle admet constamment penser lorsqu’elle est en processus de création, mais qui peut aussi se révéler comme un monstre qui juge. Quel beau pied de nez au spectateur, lui rendant la monnaie de sa pièce!

Toutefois, à travers ses petits bijoux, l’une des répliques de Raphaëlle Lalande traduit bien la structure de cette performance. « Moi, j’aurais mis le public en cercle […] on aurait pu appeler ça la circonférence ». La pièce tourne effectivement en rond et nage dans la répétition. Il y a certaines longueurs pour aboutir à une fin abrupte, peuplée d’incompréhension. Le public demeure un peu perplexe, applaudissant l’air hébété, mais réjoui devant trois acteurs vraiment doués pour faire passer ce genre de texte.

En somme, un exercice théâtral intéressant dont la force réside en trois brillants acteurs et un univers foisonnant de blagues, mais qui repousse les limites du non-sens, quitte à devenir tannant.

Edith Malo

La conférence, présenté dans le cadre du ZH Festival. Pour tous les détails, c’est ici.

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