Comédie percutante de fin d’été, Comment je suis devenue touriste raconte les tribulations d’une trentenaire engagée qui, lors d’un passage dans l’une des célèbres capitales du tourisme de masse, décide de défier le voyageur bourgeois et d’embrasser le tourisme expérimental, un pas à la fois, d’un bout à l’autre des États-Unis.

Découpée en treize courtes scènes, la pièce de Jean-Philippe Lehoux débute par une incursion dans la vie beige et confortable d’Alexandra Dorion-Jolicoeur un an après le voyage initiatique qu’elle avait entrepris alors qu’elle s’était retrouvée seule en Floride, nouvellement célibataire, l’argent de papa plein les poches.

Confrontée à son passé d’activiste, Alexandra et son double revisitent les étapes de sa quête de liberté dans chacune des scènes. Au diable l’argent, les grands hôtels, les motorisés, le luxe des formules tout inclus, l’héroïne allait traverser les États-Unis à pied, sa solitude et son mépris affichés pour «le» touriste comme seuls véritables compagnons.

Le paradoxe de sa quête de sens finit par lui sauter aux yeux alors qu’elle se trouve coincée entre ses idéaux, le militantisme et le goût du bonheur simple et doux.

Cette pièce, aux dialogues drôles et incisifs, questionne la quête de sens et son rôle, jamais bien étranger au désir de voyager. Bien que la conclusion laisse peu de place à l’étonnement, les deux Alexandra, campées par Annie Darisse et Dominique Leclerc, livrent avec aplomb ce mordant plaidoyer contre l’homo touristicus.

La mise en scène de Michel-Maxime Legault, minimaliste quoiqu’efficace, crée un univers ludique et propice au déploiement de moments loufoques.

– Andrée-Anne Toussaint

Comment je suis devenue touriste, du 19 août au 6 septembre 2013 à La Petite Licorne.