Crédit photo : Marie-Josée Brault

Entre le punk-ska, le québécois à la Dédé Fortin, les notes d’orgue halloweenesques et le métal alternatif lyrique de System of a Down, Cirrhose et Cendrier est une formation qui surprend avec son mélange musical trash rafraichissant. Portrait d’un groupe à découvrir qui vient de lancer son premier album dans le cadre de la tournée Républiska IV.

Le groupe originaire de Rigaud faisait déjà jaser dans les festivals de musique alternative au cours de la dernière année. Un nom de band crasseux, des chansons tordues aux paroles percutantes, des musiciens sautés, des poupées mutilées en guise de décorations et un son inclassable : voilà la claque en pleine gueule que nous donne Cirrhose et Cendrier la première fois qu’on les voit sur scène. Après des années de composition, de shows et de vie précaire, le groupe a accouché de « Mange d’la mort ». Les frères Le Boulaire (Gabriel, Simon et Philippe), Benjamin Samaha et Cédric Bérubé m’ont raconté dans une entrevue décapante l’histoire de leur groupe et la gestation de leur premier bébé.

Les Méconnus : Comment votre groupe s’est-il formé?

Philippe (guitare, voix) : Nos parents ont fait l’amour et ça a donné moi et mes frères! (rires)

Gabriel (guitare, chanteur, paroles) : Notre band a commencé avec mes frères, puis on a rencontré Ben, notre pianiste. Mon cousin s’est joint à nous et après plusieurs années, Bérubé, notre employé du mois, l’a remplacé à la basse. Depuis bientôt un an. Il est aussi devenu mon coloc. En gros, c’est une histoire de famille, d’amitié et de colocation!

Cédric (basse, voix) : En premier j’étais un fan fini de Cirrhose et Cendrier et je rêvais de jouer avec eux. Je ne les connaissais pas beaucoup personnellement, mais ils savaient que j’étais leur plus grand fan et que j’allais voir tous leurs shows. Ils m’ont demandé de jouer avec eux quand leur bassiste les a quittés en juillet. Après, la colocation avec Gab et Ben est venue. Elle est importante et même nécessaire à la créativité continuelle dans notre groupe.

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Qu’est-ce qui vous a inspiré pour écrire les paroles de l’album?

Gabriel : Ce sont des vieilles chansons parce que ça fait dix ans qu’on joue ensemble. Certaines datent du secondaire comme d’autres ont été écrites la semaine avant l’enregistrement de l’album. On parle de la vie quotidienne, d’amour, de liberté, de cul pis d’autodestruction.

L’illustration de la pochette de l’album est assez intrigante! D’où vient-elle?

Gabriel : Ben et moi vivions dans un bloc à Hochelaga. Un soir, ma chum de fille et moi avons vu mon voisin du sous-sol qui c’était endormi dans cette position avec sa revue de porn dans les mains. Mon amie l’a pris en photo pis Ben l’a redessiné en changeant la revue pour un bébé abeille mutilé.

En parlant de poupée mutilée, qui bricole vos décorations de scène?

Benjamin (piano, orgue) : L’initiative part de moi et j’ai fait ça pour rire sur un coup de tête un jour. J’ai influencé les gars à en faire aussi et ça resté là comme une maladie! Elles nous suivent dans tous nos shows. La première déco était justement une poupée abeille que j’avais trouvée et j’ai décidé de la modifier un peu.

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Comment s’est déroulé l’enregistrement de «Mange d’la mort»?

Cédric : Alex Pépin, le bassiste de Cerbère a été notre ingénieur de son et nous a accueillis dans son studio (Le Frolic) pour l’enregistrement de notre album. On a enregistré la basse, le piano et le drum en premier en faisant 11 tounes dans une journée. Le deuxième jour on a complété, le troisième c’était au tour des guitares et après on a fini avec les voix. Ça s’est presque fait tout seul en cinq jours.

Philippe : On a d’abord rencontré Marc-Antoine Éthier. Il s’est parti un petit label (Le 100) et nous a pris sous son aile avec plusieurs bands et après il nous a présentés à Alex.

Simon (drum) : Sans eux on n’aurait jamais pu enregistrer parce qu’on était trop pauvres et flans mous. Marc-Antoine nous a kické dans l’cul pis ça ben marché. Il a lâché son projet de label il y a peu de temps. C’est à croire qu’il a fait ça juste pour nous!

Pouvez-vous me parler un peu plus de l’effervescence musicale du côté de la Montérégie qui se transporte sur la scène underground montréalaise?

Gabriel : Nos amis du groupe Morgan qui viennent de Valleyfield ont été les premiers à nous ploguer dans des shows un peu partout dans la province. On a aussi joué avec Les Rejets de Satan qui viennent de la même ville. Je pense que les gens jouent beaucoup de musique dans notre coin du sud de la Montérégie parce que c’est déprimant et qu’il n’y a rien à faire. Un peu comme un nouveau Seattle, c’est un coin de merde à la base. Mais il y a plein de bonne musique, plein de bons musiciens, on se connait tous et on se plogue mutuellement pour des shows.

Suite à la sortie de votre album, qu’est-ce qui attend votre groupe pour les prochains mois et les prochaines semaines?

Gabriel : La mort d’un des membres, mais on ne sait pas encore c’est qui! (rires) Notre prochain show est le 9 mai au bar L’Hémisphère Gauche avec Jam Boulevard, L’Alcazar et Cerbère. Sinon on va jouer encore un peu partout cet été et on compose déjà de nouvelles tounes. Si tout va bien on pourrait sortir un autre album l’an prochain, un peu plus meilleur, plus mature, plus déprimant, plus sombre, plus Halloween et un peu plus pop aussi!

Pour écouter sur Bandcamp, c’est ici.

Roxane Chouinard