Club Soda, jeudi 20h, pluie torrentielle. Les spectateurs enthousiastes attendaient avec impatience l’ouverture de la 31e édition de Coup de cœur francophone. Cette année, c’est Mon Doux Saigneur et Keith Kouna qui ont eu l’honneur de lancer le bal. Retour.

Mon Doux Saigneur, alias Emerick St-Cyr, est tout d’abord monté sur scène pour présenter son premier album homonyme. Beau voyage dans l’univers folk intimiste d’un auteur-compositeur-interprète à la richesse impressionnante pour un premier opus. Intenses, très habitées, les pièces de Mon Doux Saigneur ont le don de faire rêvasser. Si bien que le lien à l’artiste est parfois dur à faire en spectacle, comme si on assistait à une répétition particulièrement réussie des musiciens talentueux. C’est bien, mais un brin hermétique.

Keith Kouna : entre headbang et crowd surfing

Place ensuite au clou de la soirée, Keith Kouna. Après un détour dans un univers plus folk, l’auteur-compositeur-interprète a donné un grand coup avec son dernier effort rock Bonsoir Shérif, qui rappelle bien sûr l’énergie de son groupe Les Goules. Avec fougue, l’artiste a brassé la cage dès son arrivée sur scène. « Bienvenue à ma première montréalaise! Quelle terme de marde, une « première »! » Le ton était donné. « J’espère que vous êtes malcommodes, mais surtout mal élevés! », a crié Kouna avant de lancer Shérif.

Le thème de la soirée? Rébellion, anti-conformisme, attitude punk et beaucoup – beaucoup – d’enthousiasme de la foule qui ne s’est pas fait prier pour hurler et sauter sur l’efficace Vaches, la cocasse Doubidou et la forte Poupée, entre moments nostalgiques grâce aux pièces tirées de l’album Du plaisir et des bombes (2012)Kouna ne se contente d’ailleurs pas d’enfiler les chansons : il crée plutôt un univers complet, riche, rentre-dedans. Mention spéciale pour sa belle gestion du crowd surfing : la pauvre spectatrice qui a tenté de suivre son exemple a vite réalisé que ça semble beaucoup plus facile que ce ne l’est.

On le sait déjà : Coup de cœur francophone n’a plus besoin de faire ses preuves. Même que le festival s’est permis un petit vent de renouveau cette année. Après Steve Marcoux, c’est Isabelle Ouimet qui a pris la barre de la programmation. Celle qui porte plusieurs chapeaux – entre ses rôles de bassiste pour Vulvets et maman de La Royale Électrique – était toute désignée pour remplir cette mission. Depuis déjà 1986, l’événement dévoile et met de l’avant des talents incontournables de la scène francophone. Et cette année ne fera certainement pas exception.

Mélissa Pelletier

Coup de coeur francophone, du 2 au 12 novembre 2017. Pour toutes les informations, c’est ici.

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