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-1000 degrés, un certain soir de décembre. C’est dans la chaleur de leur appartement de Villeray que Marie-Chantal Leclair et Jean-Marc Bouchard – la moitié du quatuor de saxophones Quasar – m’ont accueillie pour une jasette. En quel honneur? Pour me toucher un mot sur leur spectacle Braises/ Hyperboles, qui se tiendra le 19 janvier prochain à l’Espace Aline-Letendre de l’Église du Gesù sous l’égide du Groupe Le Vivier. Entrevue qui réchauffe (poudoumchi?).

Déjà plus de vingt ans que Quasar roule sa bosse – et ses saxophones – à travers le monde. Avec plus de 80 oeuvres diverses dans ses valises, le quatuor de saxophones a conquis une place plus qu’enviable dans le paysage de la musique québécoise depuis sa fondation en 1994. Constitué de Marie-Chantal Leclair (direction artistique, saxophone soprano), Mathieu Leclair (saxophone alto), André Leroux (saxophone ténor) et Jean-Marc Bouchard (saxophone baryton), le quatuor se prépare maintenant à une nouvelle collaboration avec les artistes écossais Michael Edwards et Martin Parker. Et ce serait un euphémisme de dire que l’excitation est dans l’air.

Pourquoi cette collaboration? « Dès qu’on les a rencontrés en 2014, on s’est découvert des atomes crochus », lance d’emblée Leclair.« Ce sont des rigolos », ajoute en riant Bouchard. « Ce sont des musiciens qui font beaucoup de recherche, très régulièrement en musique électronique. » Un genre musical qui intéresse particulièrement les membres de Quasar.

« Au départ, avec 4 saxophones, on a une masse sonore assez riche. Avec l’ajout de l’électronique, c’est très symbiotique. Le son ne vient plus nécessairement d’un seul endroit : ça peut venir de tous bords, tous côtés. Nos saxophones deviennent de supers instruments! Et ce que j’aime, c’est la musique mixte. On peut garder l’aspect très performatif d’un humain qui joue d’un instrument, tout en allant chercher toutes les possibilités que les nouvelles technologies apportent », explique Marie-Chantal Leclair.

Immersion totale ou rien

C’est à toute une expérience que les spectateurs pourront s’attendre en se rendant à l’Église du Gesù. « Déjà que c’est très beau », s’exclame Jean-Marc Bouchard. Quasar se lancera dans l’interprétation de Hyperboles 3 (“so vast a vacuity”) de Michael Edwards, une oeuvre de 50 minutes qui risque d’élever le mot « tension » à un autre niveau. Clairement, le public sera immergé dans un amas de sons et de lumières.

« C’est le but du compositeur, très certainement. La pièce est basée sur un certain type de son au saxophone. Il y a une recherche très poussée de timbre : les sonorités qu’on va jouer sont particulières. La qualité du son est au cœur de ce projet. » Un son qui s’avérera plutôt homogène selon Leclair et Bouchard. Pourtant, l’ennui n’a pas été invité.

En plus d’un jeu de couleurs, « entre rouge, vert, bleu et blanc », on nous promet un dynamisme qui sera difficile à ignorer : « Les changements ne seront pas subtils! Si c’est rouge, c’est rouge. Si c’est bleu, c’est bleu. Le fait qu’on se trouve dans une énorme église risque de renforcer l’impression de se retrouver dans un dôme. » explique Jean-Marc Bouchard. « Les compositeurs avec lesquels on collabore pour ce spectacle font beaucoup d’installations. La lumière est très reliée à la musique. À certains endroits très précis, certaines couleurs vont venir apporter un éclairage sur ce qui se passe musicalement. Ça va mettre en lumière, carrément », précise Marie-Chantal Leclair.

                                                                                                             Courtoisie

De l’art de souffler sur le feu

C’est sur l’oeuvre Scripts de Martin Parker qu’on pourra compter pour venir aérer le tout. Le feu ne se nourrit-il pas d’oxygène? « L’hyperbole, c’est une figure de style consistant à mettre en relief une expression en l’exagérant. Sans vendre la mèche, il y aura des moments particuliers où les musiciens seront appelés à faire des choses exagérées. (Rires) La pièce de Parker, qui va s’insérer en trois tranches dans le spectacle, sera très différente du reste de la musique. Le but, c’est de changer la perception du public. Comme une ponctuation qui va permettre au spectateur de revenir plus concentré après la distraction », indique Bouchard.

Loin de nous l’idée des jeux de mots trop faciles, mais il est pourtant prudent d’avancer que Braises/Hyperboles aura des airs de magma. Selon Leclair, c’est tout à fait juste : « J’ai apporté l’idée de braise. C’est une oeuvre qui a une forte intensité, mais qui est à la fois très contenue. C’est intense, ça bouge, ça évolue… Mais il n’y a jamais d’explosion. Ce n’est pas un truc qui pétarade! C’est toujours en constante évolution : on ne s’en rend pas vraiment compte, mais finalement on est rendu ailleurs musicalement. Le feu couve toujours. »

Mélissa Pelletier

Braises/ Hyperboles de Quasar, le 19 janvier 2017 à 20h à l’Espace Aline-Letendre de l’Église du Gesù sous l’égide du Groupe Le Vivier. La deuxième édition des Rencontres incendiaires- animée par Philippe Leroux – se tiendra à 19h sous le thème « Intellect vs émotion : dérive ou salut de la musique contemporaine ». Pour tous les détails, c’est ici.