Crédit photo : Richard Poissant

Samedi dernier s’est déroulé au Café Campus le show mensuel de la troupe Blue Light Burlesque, dirigée par Mlle Oui Oui Encore, intitulé pour l’occasion « Dans une Galasexy près de chez vous ». Sous le thème des galaxies, les différentes saynètes se voulaient éclectiques dans le but de présenter les rites de différents mondes perdus dans l’espace.

Mêlant les « jeunes vierges », les finissantes du cours de Mlle Oui Oui Encore, et les professionnelles du milieu, la revue de ce mois-ci n’était pas d’un niveau égal. Néanmoins, il est si courageux pour ces femmes de toute morphologie et de tout âge de se déshabiller devant une salle comble, qu’on leur pardonne leur manque d’expérience, et puis il faut bien commencer un jour!

Le maître de cérémonie, un scientifique fou, ouvre le bal avec beaucoup d’humour. Son rôle est essentiel, il donne le ton, permet de garder l’attention et nous émoustille avec son accent anglais tout à fait charmant. Chaque danseuse, au nom des plus savoureux tel que Mina Minou, Lili Lollipop, Cherry Coquette ou bien encore Trixie Cups, nous ont envoyé de la paillette au visage, des regards aguicheurs remplis de malice où l’on a pu ressentir le girl power qui les habite. Mélangeant chant et effeuillage, Cherry Coquette se moque du statut de la femme en nous emmenant du côté diabolique du sexe féminin. À bas la petite fille naïve et élégante, she « wants to be evil », she « wants to be bad and dirty ». Nous avons fait la rencontre d’une cuisinière cochonne, d’une figure de Star Trek un brin dominatrice, d’une Innue en sous-vêtements de fourrure, d’une femme de l’espace portant un habit de lumière venue d’une étoile lointaine ou bien encore de Zafirah, la danseuse du ventre aux entrailles flexibles qui nous entraîne dans un tourbillon empli de sensualité. L’homme a aussi eu droit à son quart d’heure de gloire, tantôt en macho des années 50, tantôt en travesti sous le nom de French Kiss dans un doublé de charleston avec Miss Rouge à Lèvres. Ce numéro désacralise le trop sexy pour s’en aller vers la farce et un comique de genre que l’on ne soupçonne pas.

Artiste : Miss Melicious; Crédit photo : Richard Poissant

Artiste : Miss Melicious; Crédit photo : Richard Poissant

En glanant les commentaires des spectateurs, j’ai pu constater que les mots d’ordre étaient respect et émerveillement. J’ai été agréablement surprise de voir que le public regroupait toute sorte de personnes, allant de la madame de 50 ans au père de famille en passant par des fans de rétro aussi bien vêtus que les danseuses.

À la sortie du show, j’ai pu recueillir les commentaires des petites nouvelles, des femmes gonflées à bloc et surexcitées qui ont réussi à faire tomber leurs inhibitions en s’appropriant le souffle libérateur de la scène et l’énergie du public : « C’est libérateur, c’est pas assez long, on a envie de tout le temps enlever ses vêtements! » Et même si le stress précédant l’entrée en scène est insupportable, il est générateur d’une telle adrénaline que l’on oublie tout le reste, « le but étant de s’amuser et de prendre confiance en nous ». La prochaine étape pour ces ladies est la prestation en solo; elles sont déjà tout exaltées à l’idée de prendre possession d’un espace rien qu’à elle et de pouvoir dire, avec beaucoup d’ironie, aux autres danseuses, « get off my stage! »

Cet épanouissement est contagieux, il donne envie aux femmes d’apprendre à aimer leur corps tout en s’amusant et mettre au placard les complexes. On souhaite à la troupe du Blue Light Burlesque beaucoup de succès!

Tiphaine Delahaye

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