Mat Vezio / Photo : Flamme

L’année 2017 a été loin d’être tranquille du côté des nouvelles sorties musicales. Dur de savoir où donner de la tête? Voilà une petite liste de dix albums que l’équipe des Méconnus pense que vous devriez avoir écouté au moins une fois avant la fin de l’année!

Beyries, Landing
« La musique d’Amélie Beyries a quelque chose de désarmant de sensibilité. Tantôt à la guitare, tantôt au piano, sa musique plutôt minimaliste laisse toute la place à ses douces mélodies. C’est simple, c’est efficace, c’est sincère, et il y a même une chanson en français en duo avec Louis-Jean Cormier, J’aurai cent ans. C’est tellement beau qu’on se désole que l’artiste n’ait pas fait le saut plus tôt », disait déjà Olivier à sa sortie. La bonne nouvelle, c’est que c’est toujours aussi vrai et que l’album semble encore meilleur chaque fois qu’on voit l’artiste en spectacle et qu’elle en dévoile plus sur ce qui a inspiré telle ou telle chanson. On garde de gros coups de cœur pour les magnifiques Wondering et The Pursuit of Happiness. (Olivier Dénommée)

Feist, Pleasure
On disait déjà ceci, à chaud, peu après sa sortie : « Que dire sur le cinquième album de la Canadienne Leslie Feist? La perfectionniste a mis six ans avant de faire suite à son excellent Metals, et elle ne déçoit pas : son audace est surtout audible au niveau de la construction de ses chansons, qui sembleront meilleures à chaque nouvelle écoute. Thématiquement, ce n’est pas un album tout à fait jojo, mais il faut admettre qu’il y a quelques petits bijoux qui, espère-t-on, traverseront les années. Pensons notamment à Century ou à la désarmante Baby Be Simple. » On persiste et signe : quelque chose dans cet album nous donne envie de l’écouter encore et encore, même plusieurs mois plus tard. (Olivier Dénommée)

Harfang, Laugh Away the Sun
« Laugh Away the Sun est le genre d’album qui gagne en saveur à chaque écoute », prétendait déjà Olivier au début de l’année lorsqu’il a entendu pour la première fois le long jeu de Harfang, jeune groupe électro-folk de Québec avec comme chanteur Samuel Wagner, notable pour ses aigus fantomatiques. Et effectivement, les frissons continuent de venir à chaque écoute, notamment avec Stockholm. Ne boudez donc plus votre plaisir! (Olivier Dénommée)

LCD Soundsystem, American Dream
Quand James Murphy a annoncé en 2015 que le mythique groupe LCD Soundsystem se reformait, moins de cinq ans après avoir fait ses adieux en grande pompe au Madison Square Garden, les plus cyniques de leurs fans se sont sentis floués et se sont empressés de dénoncer ce qu’ils percevaient comme une pure machination mercantile. Deux ans plus tard, American Dream leur a fermé le clapet avec panache. Il ne s’agit pas ici d‘une œuvre paresseuse où on applique systématiquement des recettes éprouvées afin de séduire les nostalgiques, mais il ne s’agit pas non plus d’un changement trop drastique qui déplairait aux convertis et qui serait symptomatique d’une formation qui aurait oublié ce qu’elle faisait le mieux. Chacune des pièces de cet opus est aussi intéressante que ce que l’on retrouve sur n’importe lequel de leurs albums précédents. Il y a des hits disco-punk, typiques du répertoire du groupe; il y des pièces à long déploiement dont le plaisir croît avec l’usage; il y a l’attention aux détails, autant dans la construction des chansons que dans la réalisation sonore; et il y a la poésie cassante et la voix malléable d’un James Murphy en grande forme. Bref, un retour parfait et certainement l’un des meilleurs albums de 2017. (Guillaume Francoeur)

Mat Vezio, Avant la mort des fleurs cueillies
Dire que Mélissa Pelletier a eu un coup de cœur pour le premier album de Mat Vezio tient de l’euphémisme. En en disait déjà ceci : « On entendait le buzz venir de loin, et buzz il y a eu. Mat Vezio, après avoir accompagné des grands talents du beau Montréal (Antoine Corriveau, Dany Placard, Louis-Philippe Gingras), s’est enfin commis avec Avant la mort des fleurs cueillies. C’est un premier album solide que nous présente Vezio : sa voix profonde – qui peut faire penser à Antoine Corriveau, qui a d’ailleurs réalisé l’album – se marie à merveille avec les douze jolies pièces. Ça se sent dès la première écoute : l’artiste a travaillé, retravaillé et encore donné de l’amour à ses chansons avant de les lancer, ce qui donne un tout très abouti. Mention spéciale pour les excellentes Ce jour-làFukushima et L’automne de Buffalo. Wow, wow, wow. » Difficile de rajouter d’autres commentaires après une telle entrée en matière, n’est-ce pas? (Mélissa Pelletier)

Maude Audet, Comme une odeur de déclin
Découverte tardive, mais ô combien essentielle de 2017! Maude Audet est franchement un nom qui gagne à être connu, que ce soit pour sa voix feutrée, pour ses chansons drôlement bien écrites et pour son flair indéniable : elle a fait appel à nulle autre qu’Ariane Moffatt pour réaliser son album, une première en sol québécois. Car oui, il a vraiment fallu attendre cette année pour qu’on se rende compte qu’un album de femme réalisé par une autre femme ne serait pas une catastrophe… au contraire! Comme une odeur de déclin est donc non seulement un album incontournable, mais aussi un statement féministe qui va tracer la voie pour beaucoup d’autres albums de la même trempe. (Olivier Dénommée)

MUNA, About U
En début d’année, l’album About U de MUNA nous avait profondément marqués : « Fondé en 2013, le trio électropop MUNA gagne en notoriété sur la scène queer, pour ses textes intelligents sur des mélodies contagieuses, rien de moins. Comparable musicalement à Tegan and Sara, le groupe dirigé par Katie Gavin frappe fort avec un premier long jeu inspiré, particulièrement avec des vers d’oreille comme I Know a Place et surtout Winterbreak. C’est une musique forte qui s’adresse à tout le monde, sans exception : on aime penser que c’est dans ce genre de direction que devrait la musique pop dans les prochaines années », disait Olivier, qui n’en démord toujours pas. (Olivier Dénommée)

Oktoplut, Le démon normal
L’album Le démon normal du duo Oktoplut est ce qu’on pourrait appeler une des très belles surprises de l’automne. Pour un groupe de punk-rock-stoner au nom vulgaire à souhait, il nous offre un produit drôlement réussi. C’est intense et ça a bien sûr conservé sa touche d’agressivité, mais c’est plus accessible que jamais avec des chansons comme Le calme pivote, Laissez-moi ou encore Regardez-là. Même ceux qui sont normalement rebutés par le stoner rock (j’en suis) pourront passer un bon moment en écoutant l’album. Vraiment un excellent coup, qui devrait permettre à Oktoplut de sortir légèrement de sortir la tête de son milieu underground hermétique. (Olivier Dénommée)

Peter Peter, Noir Éden
Guillaume Francoeur ne manquait pas de bons mots pour le dernier album de Peter Peter en début d’année : « Poussant encore plus loin l’expérience électronique entamée avec Une version améliorée de la tristesseNoir Éden aurait pu être considéré comme l’un des meilleurs albums de la pop française des années 80 s’il était sorti pendant les belles années de Stéphanie de Monaco. Mélodies accrocheuses, rythmes électroniques entraînants, claviers mélancoliques, refrains en anglais : tous les ingrédients de la recette y sont. Ce qui ne veut pas dire pour autant que ça sent le réchauffé. La qualité de la production sonore, les textures contrapuntiques audacieuses et exceptionnellement bien liées de même que l’ambiance délicieusement nocturne et urbaine rehaussent le tout d’une saveur contemporaine dont on se délecte. » Sans contredit, Noir Éden mérite parfaitement sa place dans ce palmarès annuel. (Guillaume Francoeur)

Thundercat, Drunk
Thundercat a beau être un sacré hurluberlu, il a mis au monde en 2017 un album qui a marqué les esprit. «Prenez le sens de l’humour et les expérimentations psychédéliques de Frank Zappa, ajoutez des basses groovy à la James Jamerson et l’esthétique West Coast de Steely Dan et vous aurez un début d’idée de ce à quoi vous devez vous attendre de Drunk », illustrait Guillaume au sujet de cet album où se rencontrent notamment le funk, le hip hop (notons les collaborations prestigieuses de Kendrick Lamar et Wiz Khalifa) et la soul. (Guillaume Francoeur)

Voilà qui devrait aider à patienter avant l’arrivée de la nouvelle année et des nouveautés attendues de 2018 (Un texte suivra prochainement pour donner un aperçu de différents albums attendus l’an prochain!)!

– L’équipe du webzine Les Méconnus

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