Nous avons assisté vendredi dernier à une rentrée réussie pour Ariane Moffatt au Métropolis. Ce cinquième album, à l’image de la femme sur scène, est flamboyant, exploratoire et bien campé dans un électro savoureux. Et elle nous l’a livré avec une énergie invitante pour un public plus que conquis. Avec elle, Jonathan Dauphinais à la basse-synthé, Étienne Dupuis-Cloutier à la batterie et Laurence Lafond-Beaulne aux claviers.

22h22 a un je-ne-sais-quoi qui fait flotter. C’est une célébration de la vie. Lorsqu’elle débute avec la pièce maitresse au piano, on pressent la douceur qui se dégage de ce cinquième opus. Une sérénité qui reflète l’évolution de la musicienne. S’ensuit une alternance entre nouveaux morceaux et anciens revisités, dans une montée d’émotions contrôlée. Elle nous prévient de la tranquillité du début qui trouve son apogée en la pièce Retourner en moi dont elle dévoile l’origine : ce désir qu’on a tous de retourner en dedans. Elle s’ouvre sans mesure et nous parle beaucoup d’écriture et d’inspiration. Comme pour Dominico, hommage à un sans-abri du Mile End, « le prince de l’avenue du parc ».

Dans une polyvalence assurée, elle change d’instruments, retourne sur les premières traces. La prédominance du clavier ressort comme à ses débuts. Après une reprise splendide d’In the Air Tonight de Phil Collins, cela devient plus chaud et mouvant. Le Métropolis s’enflamme à 22h22. Surtout à l’apparition du rappeur Eman sur Mon corps. On prend à bras ouverts les derniers morceaux et Debout, le très attendu, ne déçoit pas, tout comme Réverbère en version disco-électro.

Les deux rappels sont un retour au calme, ambiance « feu de camp », comme elle dit. Avec Point de mire et Montréal, elle découvre les « talents » de son public. Elle conclut le spectacle avec Toute sa vie, dernière pièce de l’album qui nous berce jusqu’aux dernières notes. 

Milk & Bone en première partie

Avec leur succès grandissant, le duo Milk & Bone a vécu un premier Métropolis plein de chaleur et déjà bondé à leur entrée sur scène. Nous étions aussi là pour elles. Pour ceux qui ne les connaissaient, c’était l’occasion de découvrir l’atmosphère aérienne de leur récent album Little Mourning avec une petite inédite, Poison. Un moment fort du concert est leur réunion avec Ariane Moffatt sur la chanson Hôtel amour, offert en toute simplicité et qui dresse le portrait de trois artistes accomplies, d’une génération à l’autre.

Ariane Moffatt sera à Osheaga le 3 août prochain (surprise qu’elle a gardé jusqu’au concert)

Rose Carine H.