Crédit photo: Pierre Desjardins

Brillante conclusion d’une œuvre en trois parties, la pièce Après moi de Christian Bégin explore avec adresse la notion du rapport à l’Autre et du caractère fortuit de la rencontre. Et si la présence de l’Autre pouvait bousculer la trajectoire de notre existence? Alors, qu’adviendrait-il?

Cinq vies aux destins en apparence scellés se croiseront un soir de tempête de neige dans un motel isolé sur la route 117, près de Val-d’Or. Trois lits servent à eux seuls à meubler le décor où un couple prêt à commettre l’adultère, un individu suicidaire et un couple usé, s’y retrouveront le temps de six courtes scènes. Offertes en six versions, chacune d’entre elles précise peu à peu la quête de chacun des personnages, alors que leur destin évolue différemment au fil des rencontres, au hasard d’une porte ouverte, non loin de la machine à glace.

Après Circus Minimus et Pi… ?, le dramaturge Christian Bégin passe du registre « l’enfer, c’est les autres » à la nécessité de l’empathie et de l’altruisme avec l’histoire du destin croisé de ces cinq individus. Les comédiens, Christian Bégin, Marie Charlebois, Philippe Lambert, Pier Paquette et Isabelle Vincent campent avec solidité ces personnages tantôt drôles, tantôt troublants, qui peinent, à leur façon, à communiquer véritablement avec les autres. La mise en scène efficace de Marie Charlebois donne le rythme et le ton de cette production des Éternels Pigistes.

Si on rit de bon cœur et parfois jaune, le spectateur est indubitablement touché par la fragilité de ces rapports humains. Bref, on se réjouit qu’Après moi soit reprise cette année.

– Andrée-Anne Toussaint

Après moi, Présentée à La Licorne jusqu’au 21 septembre 2013.