Répondre au téléphone, mener la poubelle au chemin, gérer les échecs amoureux ou l’impression de trop plein de pus : autant d’éléments que trois colocataires tenteront d’apprivoiser devant public. Présentée par la troupe Théâtre le Clou à  La Licorne du 16 au 20 avril, Appel Entrants Illimités de David Paquet : une pièce déjantée où culture du bien paraitre, préoccupations sociales et folie créatrice cohabitent, vous offrant à réfléchir entre deux éclats de rire.

Un appel à l’aide. Une réponse automatisée. La détresse des personnages est évidente, mais on ne sait pas à quoi elle est due ou comment y remédier. Eux non plus d’ailleurs. On a peut-être trop le temps de penser depuis quelques siècles. Avant, une élite se chargeait de se tourmenter et monsieur-madame tout le monde gagnaient leur pain et rentraient s’occuper de la marmaille : on n’avait pas le temps de penser à son bonheur. Oui, peut-être que c’est ça dans le fond, la crise existentielle.

Dans l’appartement de Charlotte, Hannah et Louis ça cogite! On ne fait pas grand chose d’autre, mais on cogite! Et quand le souvenir d’un ex « que-je-ne-veux-plus-jamais-revoir-c’est-compris » ou d’une soirée de Karaoké qui s’est mal terminée sont trop vifs, on peut toujours compter sur Louis pour se changer les idées et amener une consolation par l’explication de désastres environnementaux ou d’inégalités sociales.

Si le texte est déjà, en soi, délicieux, la mise en scène de Benoit Vermeulen est tout à son honneur : des trouvailles qui passent de saisissantes à rigolotes, un choix de comédiens irréprochable, Appels Entrants Illimités a clairement charmé sa première audience.

Jusqu’à samedi, le Théâtre du Clou vous convie, vous aussi,  à venir apprécier le non-sens et la marginalité; à déniveler vos cadres et vous recentrer sur l’essentiel… pour ce qu’il en reste!

– Vickie Lemelin-Goulet